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29 octobre 2014 3 29 /10 /octobre /2014 21:43

Quelque part dans l'océan Pacifique, un avion affrété par l'ONU effectue un amerrissage forcé près d'une île déserte. À son bord, des bûcherons, des travailleurs forestiers, des sages-femmes et des infirmières, pour la plupart Suédois ou Finlandais.

 

Une fois les premiers moments d'inquiétude passés, les naufragés découvrent leur nouveau cadre de vie : une plage de sable fin bordée de cocotiers, un climat bien éloigné des rigueurs de l'hiver scandinave, une nourriture abondante... Finalement, cette île ressemble bien à un paradis sur Terre.

 

Et cela vaut mieux, car nos robinsons en herbe n'ont aucun moyen d'appeler les secours ni de signaler leur position. L'espoir d'être secourus rapidement s'évanouissant de jour en jour, les naufragés doivent s'organiser pour ne pas sombrer dans l'anarchie la plus totale.

 

Chacun reprend vite ses petites habitudes et fait profiter la communauté de ses compétences : les bûcherons abattent des palmiers pour construire des abris, les Finlandais se mettent à distiller de l'alcool de coco et ouvrent un "Café de la jungle", les infirmières suédoises ouvrent un planning familial...

 

Les semaines passent, les liens se tissent entre les rescapés, et malgré quelques tensions passagères, la vie sur l'île semble bien douce à certains, qui commencent à se demander s'ils ne préfèreraient pas rester pour toujours sur cette plage paradisiaque, plutôt que de rentrer chez eux, quitte à devoir pour cela entraver les efforts de leurs compagnons qui cherchent à prévenir les secours...

 

 

 

 

Un roman d'Arto Paasilinna est toujours la promesse d'un bon moment de lecture : le maître finlandais de l'humour a l'art de concocter des intrigues plaisantes, légères et qui donnent le sourire.

 

Prisonniers du paradis se montre à la hauteur des autres œuvres du maître finlandais, pour qui rien n'est jamais grave ni sérieux, même pas un crash d'avion en plein milieu du Pacifique, sur une île déserte recouverte d'une jungle épaisse. Dès les premières pages, les inquiétudes du lecteur sont dissipées : les passagers et l'équipage sont tous indemnes, l'île se révèle finalement assez accueillante, et les rescapés trouvent rapidement un moyen de s'approvisionner en eau et en nourriture. L'enjeu de ce roman n'est donc pas la survie des personnages, qui n'est jamais envisagée sous un angle dramatique, mais bien la mise en place d'une micro-société utopique, et tous les problèmes qu'elle engendre : avec des naufragés de trois nationalités différentes, comment régler les différends linguistiques liés à l'adoption d'une langue commune sans heurter les sensibilités nationales ? Comment répartir équitablement travail et nourriture entre les membres de la communauté ? Comment structurer les échanges entre rescapés ? Comment sanctionner les comportements irrespectueux ou dangereux ? Quelle forme de gouvernement choisir ?

 

Bien entendu, ces questions sont traitées avec humour et légèreté, et l'auteur s'amuse à émailler son récit de scènes loufoques et saugrenues, comme le débat sur la pose massive de stérilets aux naufragées (eh oui, vingt-six femmes pour vingt-huit hommes et tant de possibilités...), les affrontements avec des singes facétieux ou encore la découverte de la distillerie sauvage installée dans la jungle, qui sert de prétexte pour railler la propension des Finlandais à s'enivrer.

 

Certes, le style, simple et fluide, est peu travaillé, les personnages assez peu consistants (à l'exception du narrateur, dont l'auto-dérision désopilante et la misogynie un peu archaïque font sourire plus d'une fois) et l'intrigue peu haletante, puisque tout est donné d'emblée en quatrième de couverture, mais ces "défauts" ne gâchent en rien le plaisir de la lecture, signe incontestable du talent de Paasilinna : ce conte philosophique est plus profond qu'il n'y paraît, puisqu'il aborde tout de même de vraies questions sur l'utopie, le socialisme et l'opposition nature/culture. Et même si le dénouement, lui aussi expédié avec une certaine désinvolture, nous laisse un peu sur notre faim, ce roman est un petit bijou déjanté comme sait si bien les façonner l'auteur finlandais. Un seul vrai regret : que ce livre soit si court !  3.5 étoiles

 

 

Découvrez aussi, du même auteur, Le Lièvre de Vatanen

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Published by Elizabeth Bennet
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Eric Guérand 07/11/2014 14:34

De charmantes petites fiches, un travail très appliqué. Cela fleure bon l'élève studieuse et le professeur bien noté. Mais cela manque singulièrement de charme et d'audace. Cet amas de fiches a la saveur d'un bottin. Vous êtes trahi par votre français d'instituteur. Nous saluons toutefois votre scrupule orthographique. Nous avons la désagréable impression que vous n'avez jamais quitté l'école d'où vous empruntez sans vergogne un goût pervers pour la correction et le compte-rendu.De grâce mademoiselle, songez à aller en récréation.

Eric Guérand 07/11/2014 14:46

Mademoiselle, je vous félicite! Vous êtes allée en récréation. Le "achète-toi un cerveau" prouve bien que vous n'abusez pas de votre porte-plume. Ne vous arrêtez pas en si bon chemin.

Elizabeth Bennet 07/11/2014 14:43

Haha, merci pour ce commentaire constructif et extrêmement mature.
Moi, au moins, je ne viens pas me plaindre sur un forum que mes professeurs sont méchants avec moi !
Grandis un peu, achète-toi un cerveau, et le jour où tu auras fait tes preuves, on en reparlera. Maintenant, t'es gentil, j'ai du boulot, moi, alors laisse les adultes travailler.

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