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12 mars 2017 7 12 /03 /mars /2017 22:46

    Scout est une petite fille pas comme les autres. Depuis la mort de sa mère, elle grandit avec son frère Jem sous le regard ferme et bienveillant de leur père, Atticus Finch, avocat réputé à Maycomb, petite ville d'Alabama.

 

    Elle aime grimper aux arbres, jouer dehors avec Jem et leur ami, Dill, goûter les gâteaux de la voisine, discuter avec Calpurnia, la cuisinière noire qui lui sert de mère de substitution, et imaginer des stratagèmes pour faire sortir de chez lui Boo Radley, leur drôle de voisin, qui vit reclus dans sa maison depuis des années. Elle n'aime pas l'école, les injustices, ni qu'on l'oblige à porter des robes. Comme une fleur sauvage, elle grandit bon gré mal gré, suscitant parfois, par son impertinence et son caractère bagarreur, l'exaspération de sa tante Alexandra et des dames comme il faut de Maycomb, qui désespèrent de la voir devenir une jeune fille de la bonne société.

 

    Un jour, Atticus est commis d'office pour défendre un Noir accusé d'avoir violé une Blanche. Dans cette Amérique des années 30, et a fortiori en Alabama, État du Sud, encore très marqué par le racisme, c'est un crime passible de la peine de mort. Très vite, la petite ville s'embrase, et les tensions ressurgissent. Scout, confrontée aux préjugés et à la bêtise des adultes, a bien du mal à ne pas utiliser ses poings pour faire taire ceux qui traitent son père de "sale ami des Nègres". Pour Jem et Scout, ce procès controversé marque la fin de l'enfance et de l'insouciance...

 

 

    Récompensé par le prix Pulitzer, salué par la critique et le public, et devenu un classique de la littérature jeunesse anglo-américaine, Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur jouit d'une solide réputation dans le monde littéraire, au même titre que des titres aussi prestigieux que L'Attrape-coeur de Salinger.

 

    Les romans d'apprentissage sont monnaie courante en littérature, et ont par essence une faculté à fasciner et à toucher leur lecteur, mais peu d'ouvrages parviennent à retranscrire, aussi bien que le fait Harper Lee, la légèreté de ces jours d'été où le temps semble s'arrêter, ces longues heures virevoltantes passées à vivre mille et une aventures sans se préoccuper du regard des adultes et de la course du monde.

 

    En choisissant de faire de son héroïne une petite fille, avec son regard ingénu et innocent, Harper Lee donne une véritable force à son roman, car c'est précisément cette candeur qui permet de mettre en lumière, bien plus que ne le ferait le regard lucide d'une femme devenue grande, toutes les compromissions, les lâchetés et l'hypocrisie des adultes. Bien sûr, ce point de vue enfantin permet aussi de laisser se déployer le caractère doux, discret et intègre d'Atticus, la personnalité déroutante de Jem, plongé dans cet entre-deux délicat qu'est l'adolescence, la fantaisie riante de Dill...

 

    Même les personnages secondaires, plus ou moins rapidement esquissés, trouvent dans les yeux de Scout une véritable épaisseur : elle pointe ainsi, avec beaucoup d'humour et de malice, le côté un peu rigide de Tante Alexandra, engoncée dans ses principes, mais qui se montre aussi loyale envers Atticus lors du procès, la sévérité toute maternelle de Calpurnia, les médisances incessantes de Stephanie Crawford, la générosité et l'ouverture d'esprit de Maudie Atkinson... Harper Lee excelle à donner vie à ce quartier de Maycomb, brossant avec finesse le portrait de ses habitants. Et même si certains points de l'histoire demeurent mystérieux, comme la maladie qui a frappé la mère de Scout ou la vérité sur les parents de Dill, cela fait partie du charme du livre, et du caractère partiel, fragmentaire, nébuleux des souvenirs d'enfance, par définition vagues et imprécis.

 

    Alternant anecdotes pleines d'humour et moments plus graves, où la dénonciation du racisme se fait plus nette, Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur est un roman complexe, envoûtant, servi par une traduction élégante et un style plaisant et délicat, plein de la grâce naïve de l'enfance. 4 étoiles

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Published by Elizabeth Bennet
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bibliblogueuse 04/05/2017 09:34

J'ai lu ce roman au mois d'avril et l'ai beaucoup apprécié aussi. Les réflexions sur le racisme, le machisme sont toujours d'actualité et ce roman fait la part belle à l'enfance. C'est un grand classique qui défend de belles valeurs humanistes, et le monde en a bien besoin !

Angeline 02/05/2017 22:46

'aime me promener ici. un bel univers. vous pouvez visiter mon blog (cliquez sur pseudo)

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