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29 juin 2012 5 29 /06 /juin /2012 16:53

Le professeur Alan Gordon, spécialiste mondialement reconnu de la théorie des nombres, a disparu de Trinity College, à Cambridge, où il enseignait depuis plusieurs années. Plus étonnant encore, l'ensemble de ses travaux de recherche effectués depuis son arrivée en Angleterre, consignés dans de petits carnets noirs, ont eux aussi disparu. L'un de ses anciens élèves, P., reconverti dans la finance et expatrié à New-York, est chargé par une mystérieuse organisation, nommée le Segment, de se rendre sur place pour retrouver la trace de son professeur, en faisant croire aux enquêteurs qu'il est le seul à avoir entretenu une correspondance avec Gordon, et donc à savoir sur quoi celui-ci travaillait réellement. Très vite, son enquête le mène sur la piste des "nombres noirs", des nombres qui seraient associés aux forces du mal, mais dont bien peu de mathématiciens connaissent l'existence et le pouvoir véritable. De plus, depuis les travaux de Newton, qui s'est intéressé de très près à l'alchimie et à la Kabbale juive, Trinity College cherche à dissimuler tout ce qui a trait, de près ou de loin, à ces mystérieux nombres noirs. Gordon aurait-il fait une découverte qui aurait menacé l'existence d'une antique société secrète, installée depuis des siècles au coeur de Cambridge ? Pour tenter de découvrir la vérité, P. va se retrouver impliqué dans une terrible partie d'échecs dont il est loin de mesurer l'ampleur. Il lui faudra agir avec prudence, car de nombreux intérêts divergents entourent cette sombre affaire de disparition, une affaire qui pourrait bien mettre en péril l'équilibre du Bien et du Mal lui même...

 

Outre sa couverture affreuse, c'est le titre de ce roman qui attire d'emblée le regard du lecteur : pourquoi 676, et pas 666, comme on pourrait s'y attendre, en voyant l'image du diable et le pentacle ? Cette question, comme bien d'autres, ne trouvera sa réponse qu'après bien des pages et bien des péripéties. Avec ce roman, qui n'est pas sans rappeler, à plusieurs égards, le très mauvais film Crimes à Oxford, on dirait bien que les mathématiques ont la cote dans les thrillers ésotériques, 676.jpget fascinent toujours autant le grand public. Et même si les longs exposés théoriques sur l'histoire des mathématiques et de la théorie des nombres risquent de rebuter plus d'un lecteur dont le niveau ne dépasse guère le théorème de Pythagore, il faut reconnaître que ces pages se révèlent fort intéressantes, quoiqu'elles soient assez mal reliées au reste de l'intrigue, donnant l'impression d'avoir été plaquées artificiellement dans les dialogues des personnages, comme si l'auteur se contentait de recopier son cours de licence. Mais le principal problème de ce roman, c'est son style : manifestement, à Polytechnique (école par laquelle est passée Yan Gérard avant de se tourner vers la recherche), on apprend plutôt bien les maths, mais pas le français, puisque l'auteur écrit sans sourciller, à quelques pages d'intervalles, "pallier à toute éventualité" et "bien que je commençais". Sans parler de ses envolées lyrico-mathématiques au style aussi lourd qu'une démonstration d'élève de collège. L'intrigue, quant à elle, est inutilement compliquée, avec des rebondissements attendus, des personnages mal exploités et un héros souvent insupportable, atteint, qui plus est, du syndrome d'Asperger (ce qui lui permet de voir des maths partout ou de résoudre des équations diophantiennes qui tiennent en échec les meilleurs savants de Cambridge, ben voyons). Et pourtant, l'idée de base est prometteuse et intéressante, mais l'auteur s'enferme trop vite dans ses combats entre sociétés secrètes désireuses de mettre la main sur les nombres noirs, tandis que le dénouement de ce thriller, grand-guignolesque, bâclé et complètement risible, n'apporte que le soulagement d'avoir enfin terminé la lecture d'un ouvrage aussi pénible que prétentieux.    1 étoile

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Published by Elizabeth Bennet - dans Critique littéraire
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Sibylline 30/06/2012 20:22

676, c'est 10 de plus que 666
Donc bien pire!!!
;-)
(mais qu'est-ce que tu vas lire, aussi?...)

Elizabeth Bennet 01/07/2012 11:09



Je confirme, c'est encore pire !! 


Je sais pas, un moment d'égarement, sans doute ^^.



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