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16 mars 2011 3 16 /03 /mars /2011 11:18

Erwan Guillerm, journaliste et bouquiniste, revient dans sa Bretagne natale après plusieurs années passées à Paris, à l'occasion d'un mariage très attendu, entre la fille d'un hobereau désargenté, mais qui tente de cacher sa situation précaire au reste du village, et du fils d'un parvenu. Erwan retrouve sur place tous ses amis d'enfance : son patron, Dominique de Frugy, qui dirige le journal où Erwan travaille, Corentin, qui a milité toute sa vie pour la reconnaissance et l'enseignement de la langue bretonne, mais aussi Raoul de Trégarec, leur hôte, et la cousine de ce dernier, Vefa. Erwan aurait pu vivre avec elle une belle histoire d'amour, mais à cause de certains sous-vêtements aux couleurs du drapeau breton, Erwan n'a pas réussi à présenter ses hommages à sa belle indépendantiste, et l'histoire en est restée là. Erwan rencontre aussi la jeune et pimpante Annick, serveuse dans un café-restaurant du village, avec qui il se lie vite d'amitié. Tout ce petit monde se retrouve pour célébrer le mariage, qui se déroule sans encombre jusqu'au repas : à peine le dessert avalé, un gâteau savoyard fait maison et saupoudré de vermicelles pour la table des mariés, de sucre glace pour les autres convives, plusieurs invités s'effondrent brusquement, dont les mariés et leurs familles. Sur quatre-vingts personnes, vingt-huit décèdent sur-le-coup ou au bout de quelques heures. Alors, que s'est-il passé ? Comment ce mariage si gai a-t-il pu tourner au drame ? S'agit-il d'un accident, d'une malheureuse intoxication alimentaire ? Ou alors d'un empoisonnement, d'un acte prémédité, d'un meurtre cruel ? Les soupçons des policiers se portent vite sur un groupe d'enfants, qui auraient accidentellement renversé du poison sur les plats destinés à la table des mariés, mais les autres pistes sont loin d'être écartées. Erwan, entre deux généalogies des familles bretonnes, qu'il rédige pour ses amis, entreprend de mener sa propre enquête, et il n'est pas au bout de ses surprises...

 

A une époque où les auteurs de polar semblent presque tous se concentrer sur des personnages de serial-killer, des meurtres rituels et des histoires glauques ou morbides à souhait, ce roman semble faire figure d'exception. Et pourtant, dès les premières pages, on constate que Guillaume Béchard, bouquiniste et Breton de son état (tiens donc) est loin d'être un Chattam, un Thilliez, ou même un Bauwen : l'intrigue, plus que mince, tiendrait sur un post-it, les rebondissements sont pratiquement inexistants, les personnages sont fades, sans aucune consistance, abers.jpgabsolument pas sympathiques... On a bien du mal à poursuivre la lecture de ce roman jusqu'au bout, tant les longueurs sont importantes : l'enquête avance si lentement que l'on se croirait dans un épisode de Navarro, mais un Navarro chez les Bretons. Alors, pour ce qui est de rendre hommage à sa région, certes, Béchard s'y connaît, et il ne se prive pas de nous le signaler, à grand renfort de notes explicatives destinées à éclairer le pauvre petit lecteur parisien auto-centré, qui n'a pas eu la chance de naître près de Rennes ou de Brest. Mais, même dans cette perspective, le roman déçoit : où sont passées les descriptions des sublimes paysages de Bretagne ? Où, les bretonnismes si riches ? On dirait surtout que Béchard a essayé de caser dans son oeuvre le plus possible de références à la culture bretonne, que ce soit pour nous évoquer les couleurs du drapeau ou les plats traditionnels de la région, mais comme pour le simple plaisir de les mentionner, sans nous les faire véritablement partager. On s'ennuie donc beaucoup dans ce court roman qui, paradoxalement, a des airs d'inachevé : le dénouement est tellement brusque, après deux cents pages de vide, que l'on reste sur sa faim. Ce petit air brouillon nuit gravement à l'ensemble du texte, qui perd en crédibilité, celle-ci disparaissant définitivement dans les dix dernières pages, où se multiplient les fautes de syntaxe impardonnables, avec des "on pourrions" qui font saigner les yeux. Oui, ce sont sans doute de simples coquilles, mais en trouver trois de suite dans une même page, c'est un peu fort, et tout cela donne l'impression d'un roman écrit et édité à la va-vite, sans travail de relecture. Seul point positif : on a découvert le polar breton, vivement les opus corse et basque !   1,5 étoile

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Published by Elizabeth Bennet - dans Critique littéraire
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