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2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 22:05

Louisa, 27 ans, est serveuse dans un café au bord de la faillite. En couple depuis sept ans avec un obsédé du marathon, qui ne parle que calories et course à pied, elle vit encore chez ses parents, dans une petite ville d'Angleterre. Le jour où le café où elle travaille met finalement la clé sous la porte, elle doit absolument retrouver un emploi pour faire vivre sa famille aux revenus modestes. Mais sans qualification et vu le contexte économique, les offres se font rares. C'est alors qu'on lui propose un contrat de six mois auprès d'un jeune homme handicapé, Will Traynor. Cet ancien financier de la City est devenu tétraplégique après avoir été renversé par une moto. Cloué dans un fauteuil pour le restant de son existence, condamné à dépendre des autres pour le moindre geste du quotidien, Will s'est enfermé dans la dépression, refusant d'accepter sa condition d'invalide. Il s'est peu à peu coupé du monde et vit reclus dans le château familial. Désormais, son mal-être est si profond qu'il ne rêve que d'une chose : se rendre en Suisse, dans les locaux de l'association Dignitas, afin de mettre fin à ses jours. Louisa n'a que quelques mois pour le faire changer d'avis, et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il s'agit d'un sacré défi. Mais à vouloir à tout prix lui sauver la vie, elle ne devine pas encore à quel point il va changer la sienne...

 

Quelqu'un a demandé Intouchables version Harlequin ? Parce que sérieusement, une histoire d'amour entre une aide-soignante blessée par la vie et un tétraplégique suicidaire, c'est un sacré numéro. Et si, en plus, le livre compte près de 600 pages, vous êtes sûr de pouvoir bien profiter du mélo en préparation. Certes, ce roman aborde des problèmesavanttoi.jpg graves, comme le handicap ou l'euthanasie, mais il ne dépasse jamais le stade du lieu commun, aucune réflexion un tant soit peu profonde n'est amorcée, et l'ensemble se réduit à une série de platitudes : le handicap, c'est terrible à vivre (surtout pour le héros, ancien trader qui brûlait la vie par les deux bouts - oui, parce que, s'il avait été pauvre, il aurait sans doute mieux vécu sa nouvelle situation...), les infrastructures sont terriblement insuffisantes, les gens bien trop ignorants ou maladroits, et le droit de mourir dans la dignité, c'est une question délicate, difficile à accepter pour les proches, mais en même temps c'est son libre arbitre blablabla... Bref, aucun poncif ne nous sera épargné. Là où, précisément, Intouchables prenait le parti de rire du handicap et de le traiter avec légèreté, Jojo Moyes nous inflige une comédie romantique qui vire au mélo tragique, avec boîte de mouchoirs en supplément pour les trente dernières pages. Et bien évidemment, tout cela est cousu de fil blanc, puisque dès les premières pages, on sait qu'il n'y a que deux dénouements possibles : soit Will renonce à son projet par amour, soit il va jusqu'au bout de sa démarche et gâche à tout jamais la vie de Louisa. Dans les deux cas, c'est consensuel et archi-revu, à peine digne d'un téléfilm de la TNT. Même si l'écriture n'est pas inintéressante, avec quelques pointes d'humour typiquement britannique, elle reste malheureusement prisonnière de l'intrigue (d'une banalité confondante), des nombreuses longueurs, des personnages stéréotypés, des dialogues convenus (même les sarcasmes de Will sont prévisibles) et des atermoiements de l'héroïne, attachante mais souvent insupportable. En bref, rien de nouveau sous la lune, il s'agit là d'un roman sans aucune originalité, parfaitement dispensable, et dont la magie vantée par les citations de presse reste encore à découvrir.  1 étoile

 

Ouvrage reçu dans le cadre de l'opération Masse Critique menée par Babelio et les éditions Bragelonne.

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Published by Elizabeth Bennet - dans Critique littéraire
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MrsB 04/02/2013 19:26

je suis entrain de le lire et je ne comprends pas l'engouement que ce livre suscite

Elizabeth Bennet 05/02/2013 11:29



Personnellement, moi non plus. Les critiques sur Babelio sont extrêmement élogieuses, et selon moi ce n'est pas mérité. Peut-être les lecteurs perdent-ils tout esprit critique lorsqu'ils
reçoivent un livre gratuitement ?



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