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27 janvier 2013 7 27 /01 /janvier /2013 21:16

À la mort de sa grand-mère, Nadia découvre une série de lettres, ainsi qu’une photo de son grand-père, officier allemand durant la Seconde Guerre mondiale. Petite-fille de soldat allemand : un tabou qui a pesé sur sa famille pendant soixante ans. Sa grand-mère, jusqu'à son dernier souffle, a toujours refusé d'en parler, et n'a jamais su aimer la fille qu’elle avait eue avec Hans K., ce prisonnier de guerre dont elle était tombée folle amoureuse. Aujourd’hui, Nadia essaie de reconstituer son histoire familiale et de donner un sens à son passé. Se lançant dans une enquête dont elle ne mesure pas encore l'ampleur à venir, elle contacte diverses administrations allemandes, tente de retrouver les descendants de son grand-père, essaie d’obtenir des réponses. Peu à peu, la lumière se fait : ses grands-parents se sont aimés quelques semaines, en France, peu après la libération. Hans, recherché par les autorités françaises, s'est caché chez Thérèse, la grand-mère de Nadia, avant de regagner son village d'Allemagne. À sa grande surprise, il y retrouve sa femme et sa fille, qu'il croyait avoir perdues dans le bombardement de sa maison. Thérèse est vite oubliée, et lorsque, de son côté, elle accouche d'une petite fille prénommée Ingrid, elle est submergée par le désespoir : malgré ses lettres et ses menaces, Hans ne lui répondra jamais, comme si cette histoire d'amour n'avait jamais existé. Une amourette qui a pourtant eu de lourdes conséquences, des deux côtés du Rhin...

 

Tout a déjà été dit sur la Deuxième Guerre mondiale. Tout. La Shoah, la Résistance, le Blitz, la Libération, les collabos, les privations, les filles tondues pour avoir un peu trop aimé l'occupant... De grandes voix se sont élevées pour la raconter, etoiles.jpgPrimo Levi, Jorge Semprún, Elie Wiesel... Pourquoi donc continuer à nous abreuver de récits et de témoignages sur cette guerre dont aucun détail ne nous a échappé ? Bien sûr, il s'agit d'un thème qui fait toujours vendre. Bien sûr, des centaines de personnes retrouvent chaque année, dans leurs archives personnelles, des lettres échangées entre leurs parents ou leurs grands-parents, entre Français et Allemands, entre alliés et ennemis. Est-ce une raison pour les publier ? Non. Et le livre de Nadia Salmi n'aurait jamais dû l'être non plus. En premier lieu, parce qu'il s'agit d'un ouvrage extrêmement confus, qui mêle sans explication d'aucune sorte extraits de correspondance authentique, résultats des recherches administratives et saynètes romancées censées nous faire partager le destin de Hans, Thérèse et des autres. Le problème, c'est que tout ce mélange ne fait pas bon ménage, et le lecteur ne sait plus s'il a affaire à de la fiction ou à un véritable témoignage, d'autant plus que la démarche de l'auteur est complètement auto-centrée : même si sa situation est potentiellement celle de 400 000 autres personnes, elle ne s'attache qu'à sa propre enquête, à sa propre famille, à son propre nombril, laissant le lecteur indifférent et étranger à cette recherche d'identité. Comment donc se passionner pour ce témoignage qui ressemble plus à une tentative de thérapie personnelle qu'à un récit digne de ce nom, et où le lecteur a l'impression d'être réduit au rôle de voyeur ? Rien n'est à sauver dans cet ouvrage, ni le style, effroyable (surtout dans les parties romancées), ni l'intrigue, longue et répétitive, ni les questionnements existentiels de la narratrice (pourquoi diable nous parler de ses histoires de cœur, dans un récit consacré à son grand-père ?). Cette quête d'identité a déjà été écrite mille fois, et bien mieux, alors dispensez-vous de lire cet ouvrage pénible et narcissique. 0,5 étoile

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Published by Elizabeth Bennet - dans Critique littéraire
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click 30/05/2014 12:33

It is nice to know about the experience of the Nadia Salmi to find the existence of his grand father. Not every grandchild do such a thing like Nadia did and he should deserve some recognition. He can be proud of his grandfather who have been part of the World Wars.

nadia salmi 17/05/2013 19:05

Tout a presque été dit sur la Deuxième Guerre mondiale. Tout. La Shoah, la Résistance, le Blitz, la Libération, les collabos, les privations, les filles tondues pour avoir un peu trop aimé
l'occupant... De grandes voix se sont élevées pour la raconter, Primo Levi, Jorge Semprún, Elie Wiesel... Pourquoi donc continuer à nous abreuver de récits et de témoignages sur cette guerre dont
aucun détail ne nous a échappé ? Parce que même si le thème fait toujours vendre, personne ne parle des enfants nés de ces unions interdites, de ces petits-enfants qui portent le poids d’un fardeau
historique qu’ils n’ont pas choisi de porter… Est-ce une raison pour les publier ? Oui. Et « Des étoiles sombres dans le ciel » devait l’être. En premier lieu, parce qu’il s’agit d’un roman
autobiographique extrêmement libre, qui mêle dans les chapitres d’aujourd’hui extraits de correspondance authentique et résultats des recherches administratives et dans les chapitres
d’après-guerre, scènes romancées censées faire revivre et surtout parler ceux qui ont imposé le silence: Hans, Thérèse et les autres… L’intérêt, c’est que tout ce mélange donne au lecteur la
possibilité de lire un témoignage qui se lit à deux niveaux grâce à la part de fiction, celle-ci étant de l’ordre de la réparation symbolique. Bien-sûr, la démarche de l’auteur est complètement
auto-centrée : même si sa situation est potentiellement celle de 400 000 autres personnes, elle ne s'attache qu'à sa propre enquête, à sa propre famille, à son propre nombril, laissant le soin au
lecteur d’imaginer les drames que ce tabou a provoqué dans les autres familles. Je ne suis pas porte-parole. Je suis une parmi d’autres. Et j’ai le droit d’écrire sur et à mes aïeux sans honte,
sans peur, sans fards. Dans mon style… Au nom de la liberté d’expression. Le tabou m’insupporte. Le silence et les jugements péremptoires aussi. Dire de mon livre qu’il ne devrait pas exister et
qu’il ne mérite pas d’être lu est malheureusement le signe d’une démarche totalitaire. C’est triste... Mais merci quand même de m’avoir lue.

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