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18 août 2011 4 18 /08 /août /2011 18:44

Dans un futur extrêmement lointain, les hommes ont oublié l'emplacement de la Terre, berceau de l'humanité, et un gigantesque empire galactique, regroupant des millions de mondes habités, bien au-delà des confins de notre système solaire, s'est peu à peu formé. Sa capitale, Trantor, est en fait une ville unique, recouvrant une planète entière de constructions surmontées de dômes de métal. Seul le palais de l'Empereur est à ciel ouvert et reçoit la véritable lumière du jour. Lorsque s'ouvre ce roman, le premier du cycle de Fondation, un homme, nommé Hari Seldon, prédit, en s'appuyant sur les calculs d'une science dont il est l'inventeur (la psychohistoire), la chute inéluctable, à plus ou moins long terme, de l'empire, chute qui sera suivie de trente mille ans de barbarie, avant qu'un nouvel empire émerge du néant. Mais Seldon et ses acolytes pensent pouvoir réduire cette période inexorable de ténèbres à une durée de mille ans seulement. Le remède ? Créer une fondation regroupant divers savants et spécialistes, et qui serait chargée de rassembler tout le savoir existant dans une encyclopédie dont il existerait un exemplaire dans chaque monde habité. L'Empire, sous le prétexte d'exiler ce potentiel fauteur de troubles, lui permet de travailler à la création de sa fondation, sur une minuscule planète des confins de l'Univers nommée Terminus, planète isolée, pour l'instant inhabitée et très pauvre en minerai et ressources naturelles. En secret, Seldon établit également, dans le plus grand secret une seconde base à l'autre bout de la galaxie, nommée Star's End, et qui sera chargée, le moment venu, d'épauler sa comparse Terminus. Mais très vite, la petite planète attire bien des convoitises, notamment de ses plus proches voisins, qui se révoltent contre l'Empereur et se déclarent royaumes indépendants, tandis que d'autre part, bien des gens semblent décider à empêcher Seldon et ses collègues d'aller au bout de leur noble entreprise...

 

Publié à la fin des années 1950, ce roman n'a cessé depuis d'être considéré parmi les plus grands ouvrages du genre, aux côtés des oeuvres de Frank Herbert, d'Arthur C. Clarke ou de Philip K. Dick. Classique parmi les classiques, il n'y est pourtant jamais question de robotique, spécialité qui a fait connaître Asimov au grand public. Regroupant cinq "nouvelles" détaillant cinq périodes de la fondation, chacune marquée par la prédominance d'une classe sociale (psychohistoriens, encyclopédistes, maires, marchands et princes marchands), ce roman nous fait sans cesse passer de fondation.jpgl'infiniment grand à l'infiniment petit, de l'histoire et de l'évolution d'une ville, d'une planète, d'une galaxie tout entière, à celle d'individus menés par leur ambition personnelle autant que par de grands projets concernant les peuples qu'ils dirigent d'une manière ou d'une autre. L'inconvénient de cette méthode est bien sûr que le lecteur n'a pas le temps, en trente ou quarante pages, de s'attacher aux différents personnages, qui changent à chaque partie, puisque plusieurs décennies s'écoulent entre elles : ainsi, on en apprend très peu sur Hari Seldon, le fondateur de la psychohistoire (même si, paraît-il, les romans postérieurs censés se dérouler avant, comme L'aube de Fondation, sont venus depuis combler cette lacune), sur Salvor Hardin, devenu maire de Terminus, ou encore sur Hober Mallow, marchand enquêtant pour le compte de la Fondation. Cette technique d'écriture, qui n'est d'ailleurs pas sans rappeler celle employée, plus récemment, par Andreas Eschbach dans Des milliards de tapis de cheveux, reste néanmoins  très agréable à lire, dans un style peu recherché mais plaisant, et nous permet d'avoir un aperçu de l'histoire des peuples et des planètes à une échelle "galactique". Même cinquante ans après sa parution, le roman d'Asimov n'a pas pris une ride, car il se fonde avant tout non sur telle ou telle particularité de la vie future, comme le fait souvent K. Dick, mais sur des questions de diplomaties et de relations interplanétaires. L'intrigue, extrêmement intelligente, nous montre comment les scientifiques de Fondation cherchent à contrôler leurs proches voisins, ou du moins à les rendre inoffensifs, par le jeu de l'équilibre des puissances, par le biais d'une religion fondée sur la science, ou encore d'un commerce savamment calculé. Un monument de la Science-Fiction qui vous donnera sans nul doute l'envie de lire les autres tomes du cycle. 4 étoiles

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Published by Elizabeth Bennet - dans Critique littéraire
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