Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
10 septembre 2010 5 10 /09 /septembre /2010 15:45

Dans sa chambre d'hôpital, Emma se réveille péniblement, comme tirée d'un cauchemar. Elle semble avoir perdu la mémoire, ne sait ni qui elle est, ni pourquoi elle se trouve ici, ni pourquoi elle souffre autant. Son ami, Karter, effondré, se voit contraint de lui apprendre la terrible vérité : alors qu'elle était enceinte, elle a été agressée, et violée en pleine rue, et avortée de force sur le capot d'une voiture. Emma doit alors se reconstruire comme elle peut : reprendre une vie "normale", avec Karter, mais sans l'enfant tant attendu, comprendre pourquoi elle a subi une telle agression, et tenter de reconstituer son passé, à partir des flashes terrifiants qui l'assaillent de plus en plus. Mais plus elle se remémore son passé, plus les questions s'accumulent : pourquoi, alors qu'elle dirigeait une clinique vétérinaire florissante, a-t-elle vu sa carrière se terminer brusquement ? Pourquoi a-t-elle perdu tout contact avec son père ? Son petit frère, Thomas, est-il réellement mort dans un accident de voiture, quand elle était adolescente, ou tout cela n'est-il que mensonge ? Peu à peu, Emma commence à entrevoir la terrible réalité, et se dit qu'elle aurait peut-être mieux fait de rester dans ses illusions et ses vagues souvenirs... Mais il est déjà trop tard pour reculer, et Emma va devoir assumer les conséquences de ses découvertes.

 

Peu de romans sont susceptibles de donner la nausée à leurs lecteurs. Certes, on pourrait citer Pot-Bouille de Zola, ou encore Le Parfum, de P. Süskind, mais, alors que ces derniers empruntaient rapidement d'autres voies, et surtout se faisaient remarquer par leur style extraordinaire, celui-ci choisit d'aller jusqu'au bout de sa démarche : non seulement il accumule les descriptions morbides, glauques, à la limite du gore (la scène de l'agression et de l'avortement au croc de boucher est une trouvaille qui résume assez bien la tonalité du roman, mais Maud Mayeras nous offre en prime quelques scènes d'anthologie, le changement des compresses dans l'utérus d'Emma, la scène d'amour des deux héros qui se finit dans un bain de sang...), mais il présente également un style absolument horripilant, simphematome.jpgliste, et médiocre (le jeu de mots, ultra prévisible et pourtant expliqué pendant près d'une page, sur "Hématome", simple réunion des prénoms Emma et Tom, pour Thomas, en est un excellent exemple). Pourtant, le parti pris de narration était intéressant : raconter l'histoire, non du point de vue du détective, ou encore du meurtrier/coupable, mais de la victime, en quête de son identité et de son passé. Alors, certes, pour ceux qui ont le c oeur bien accroché, et peut-être un goût prononcé pour les histoires malsaines et sordides, on trouve tout de même dans ce roman une intrigue pleine de suspense, où chaque page apporte son lot d'ignobles découvertes (et l'on a beau prier pour que cela s'arrête, Maud Mayeras a l'air de se délecter à l'idée d'accabler encore un peu plus son héroïne). Passons sur le manque total d'originalité de la situation de départ,  car les amnésies des victimes semblent véritablement à la mode en ce moment dans les romans policiers, mais il semble que Mayeras ait trouvé là un moyen infaillible pour se faire remarquer. Ajoutons tout de même, pour la forme, que l'intrigue est complètement tirée par les cheveux, avec un double dénouement rocambolesque à la limite d'un épisode de Plus Belle la Vie, mais en version trash, répugnante et interdite aux moins de 16 ans. Un roman tout simplement insoutenable pour le lecteur, qui se voit contraint de subir toutes ces horreurs (tant dans l'histoire que dans le style de l'auteur). Seul point positif : sa brièveté, qui permet de le lire en deux heures, et de passer rapidement à un livre moins oppressant, moins morbide et moins révoltant. Espérons que Maud Mayeras ne se sente pas obligée, après cela, d'écrire un deuxième roman.     0,5 étoiles

Partager cet article

Repost 0
Published by Elizabeth Bennet - dans Critique littéraire
commenter cet article

commentaires

decibel 14/09/2010 17:42


Personnellement je ne partage pas du tout cette critique.
J ai vraiment apprécié ce livre qui est dans la ligné de Thilliez.
Certes gore mais bien pensé car seul une femme pouvais imaginé de telles atrocités intimes.
Belle intrigue.
Bravo


Elizabeth Bennet 14/09/2010 19:03



Tout s'explique : je déteste les romans de Thilliez, je les trouve poussifs, invraisemblables et terriblement mal écrits !


Certes, il n'y avait qu'une femme pour écrire de telles horreurs ; encore n'était-elle pas obligée de les faire partager à tous. Je ne peux que maintenir mon jugement, sévère peut-être, sur ce
roman qui m'a vraiment retournée, et pas dans le bon sens du terme.


 



Présentation

  • : Ars legendi, un peu de littérature dans ce monde de brutes !
  • Ars legendi, un peu de littérature dans ce monde de brutes !
  • : Entrez dans le monde des lettres ! Un blog entièrement dédié à la littérature, avec de nombreuses critiques, personnelles et argumentées.
  • Contact

Retrouvez moi sur :

Mon profil sur Babelio.com
et sur
 

Recherche