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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 16:08

Santiago, jeune berger ayant passé sa vie à mener paître ses brebis le long des montagnes et des collines d'Andalousie, et dont le seul désir est d'épouser la fille d'un marchand, dont il est tombé amoureux lors d'un précédent passage dans le village de la jeune fille. Mais le Destin semble en avoir décidé autrement : une nuit, alors qu'il est endormi dans une vieille église à moitié en ruines, il fait un rêve étrange, où il se voit découvrir un trésor au pied des pyramides d'Egypte. Intrigué, Santiago consulte dès le lendemain une vieille bohémienne réputée pour décrypter les rêves : celle-ci lui révèle qu'il doit se rendre en Egypte, et qu'il découvrira bien un trésor au pied des Pyramides. En échange de cette prédiction, elle lui réclame un dixième de son trésor. Peu après, encore hésitant, Santiago rencontre un vieillard qui prétend être le roi d'un lointain royaume, qui l'engage à poursuivre son rêve par une phrase dont le roman sera la démonstration : « Quand on veut une chose, tout l'Univers conspire à nous permettre de réaliser notre rêve.» Santiago vend aussitôt son troupeau et, grâce à l'argent ainsi amassé, traverse le détroit de Gibraltar pour débarquer à Tanger. Là, il fait la connaissance d'un jeune garçon, qui lui propose de le protéger des voleurs et des pillards, prompts à détrousser les étrangers insouciants qui peuplent cette cité portuaire. Prompt à accorder sa confiance, Santiago lui confie son argent et le suit dans le dédale du marché ; mais, à la faveur d'une seconde d'inattention de la part du jeune berger, le gamin disparaît, et Santiago n'a plus un sou pour entreprendre son voyage. Complètement dépité, le jeune homme envisage de travailler à Tanger le temps d'amasser suffisamment d'argent pour rentrer en Espagne. Mais bien des rencontres et des péripéties vont mettre Santiago en quête d'un trésor d'un tout autre genre : sa Légende Personnelle...

 

Roman d'apprentissage, conte moral et philosophique, L'Alchimiste est le roman le plus célèbre de Paulo Coelho, inspiré d'une courte nouvelle de Borges. Véritable best-seller, traduit dans de nombreuses langues, ce roman a été porté aux nues par des millions de lecteurs à travers le monde, qui y ont vu une véritable leçon de vie engageant chacun d'entre nous à aller jusqu'au bout de ses rêves (Jean-Jacques Goldman devrait peut-être réclamer à Coelho des droits d'auteur, à ce alchimistepropos). Porté par un onirisme assez plaisant, fait de vieilles légendes, de prédictions, de rois, de magiciens, d'alchimie et d'esprits du désert, ce roman se propose de faire voyager son lecteur des hauteurs de l'Andalousie aux Pyramides d'Egypte, en passant par Tanger et le Sahara. Même si les personnages ont la profondeur psychologique d'un article de Cosmopolitan, on se laisse doucement bercer par la poésie du style de Coelho, tout autant que par les péripéties de l'intrigue, assez bien menées. Cependant, la grande faiblesse de ce roman, qui a précisément contribué à son succès planétaire, est sa prétendue leçon philosophique : le véritable Trésor est en nous, et bien plus proche de nous que nous ne pouvons le penser de prime abord. Vous l'aurez compris, il y a là à peu près autant de philosophie que dans un roman de gare, même si le style fluide et léger de Coelho est bien plus agréable à lire que l'ensemble de l'oeuvre de Danielle Steel. Des jolies maximes qui jalonnent le roman, les lycéens tireront de quoi alimenter de médiocres copies de philo, tandis que certains lecteurs en plein questionnement identitaire y trouveront des encouragements à poursuivre leur rêve. Les autres, enfin, ressortiront de cette lecture comme ils y sont entrés, avec peut-être la satisfaction d'avoir découvert que Coelho est un auteur très surestimé, qui a de bonnes idées, qui s'exprime bien, qui peuple son imaginaire de personnages sympathiques (bien que répartis de façon complètement manichéenne) et d'univers fantasmatiques, mais qui construit somme toute des succès de librairie sur du vent. Rien de bien révolutionnaire ni de bien original là-dedans, et l'Alchimiste reste un roman somme toute charmant, qui a de plus le mérite de se lire en une heure à peine, mais qui ne changera certainement pas la vie et la compréhension du monde de ses lecteurs ; si vous ne l'avez pas encore lu, vous voilà prévenus.   2,5 étoiles

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Published by Elizabeth Bennet - dans Critique littéraire
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samuel 14/11/2011 19:26


Haha, la "satisfaction d'avoir découvert que Coelho est un auteur très surestimé" me convient très bien ! Et probablement que tu t'y reconnais un peu aussi, non ?


Elizabeth Bennet 14/11/2011 22:25



Tout à fait. J'avais déjà eu un avis assez mitigé sur un de ses romans moins connus, "Le démon et mademoiselle Prym" (la critique doit se trouver quelque part sur ce blog). En tout cas, on ne m'y
reprendra plus, tant que Coelho écrira des livres de 150 pages avec une pseudo-philosophie de bas étage.



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