Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
1 décembre 2009 2 01 /12 /décembre /2009 10:53
Victor Marchal, jeune lieutenant de police avignonnais propulsé à Paris (pistonné, disent ses collègues), se retrouve dès sa première enquête confronté à la face la plus sombre de son métier : une ex-star du porno torturée à mort, le corps criblé de dizaines d'aiguilles, et devant elle une mise en scène macabre de dix-huit poupées, dont une volontairement mutilée... Cet assassinat le conduira sur la piste des devotees, ou acrotomophiles, ces gens qui fantasment sur les personnes amputées ou handicapées, au coeur du monde des déviants sexuels et des monstres de la nature.
De son côté, Stéphane Kismet, producteur d'effets spéciaux d'un genre un peu particulier pour le cinéma, est hanté depuis sa plus tendre enfance par des images prémonitoires, des sortes de visions, mais cette fois elles semblent liées par une indéchiffrable logique, qu'il lui faudra pourtant percer à jour.
Leurs destins finissent par se croiser, et après quelques malentendus, ils vont coopérer dans leur lutte contre cet assassin monstrueux qui inflige les pires souffrances à ses victimes et laisse derrière lui une obsédante odeur de cadavre. Le flic bleu d'un côté, qui va tout apprendre du métier, le marginal aux rêves prémonitoires de l'autre, un duo de choc pour une enquête qui se déroule paradoxalement dans le passé, le présent et le futur...


Certes, les romans de Franck Thilliez ne sont jamais d'une simplicité manifeste. Mais de là à nous faire voyager en permanence du monde des rêves à la réalité, du passé au futur (d'ailleurs, les petits noms revisités Stépas et Stéfur sont d'un ridicule accompli), il fallait quand même oser. Cela risque d'en lasser plus d'un ! Ajoutons à cela une intrigue qui commence plutôt bien, mais qui finit en queue de poisson avec un dénouement ultra décevant, un épilogue complètement aberrant qu'on croirait copié sur Destination Finale (mais les films sont drôles, alors que Thilliez est juste pitoyable), un essai mathématico-physique pour nous expliquer la valeur de nos actes passés sur l'avenir en ayant recours au paradoxe du chat de Schrödinger et à l'anneau de Moebius... On dirait que Thilliez a voulu faire tenir en six cents pages toutes ses connaissances, dans des domaines divers et variés : cinéma d'horreur, musique, sciences, médecine, psychologie, comportements déviants... Rien ne nous sera épargné, pas même son goût lassant pour le macabre et le gore, à croire que c'est Thilliez lui-même qui se complait dans ce monde de déviants qu'il voudrait dénoncer. Le tout est porté par une écriture trop américaine (dans le mauvais sens du terme, bien sûr), artificielle (on se croirait dans un épisode des Experts), et lourde à souhait par moments, même si le rythme global du livre reste (trop ?) rapide. En bref, si vous aimez les thrillers mathématico-oniriques avec un goût marqué pour le sordide, allez-y, sinon passez votre chemin et relisez plutôt un bon petit Agatha Christie ou un Simenon !

Partager cet article

Repost 0
Published by Elizabeth Bennet - dans Critique littéraire
commenter cet article

commentaires

Mark Darcy 01/12/2009 23:36


Bien envoyé en effet. Je m'effacerai comme il se doit lorsqu'on n'a plus de répartie. Mais mademoiselle Elizabeth Delavanne, vous expliquerez-vous enfin sur les mises en scène macabres?


Allan Dustry 01/12/2009 22:29


Eh! bien, ça c'est envoyé! Merci, chère Elizabeth, voilà un livre qu'on évitera soigneusement: votre jugement est sans appel!
Bien à vous,
Allan


Mark Darcy 01/12/2009 17:29


Chouette! Un roman mathético-macabre! Fibrés vectoriels (revoyez la définition du ruban de Moebius...) et acrotomophilie! Miam, alléchant. Du reste, vous me tendez beaucoup de perches que je ne
saisirai pas par respect. Mais dites-moi quand même que lorsque vous parlez de mise en scène macabre, ou d'obsédante odeur de cadavre, ce n'est pas de ma génitrice qu'il s'agit...

Au plaisir de vous lire,
Mark


Elizabeth Bennet 01/12/2009 20:50


J'ose espérer que le fibré vectoriel ne vous concerne pas de trop près, mon cher Mark. Quant à l'odeur de cadavre, je ne me permettrais pas de l'associer à votre génitrice. En revanche, en ce qui
vous concerne, le matin au réveil...
Amitiés sincères

Elizabeth


Présentation

  • : Ars legendi, un peu de littérature dans ce monde de brutes !
  • Ars legendi, un peu de littérature dans ce monde de brutes !
  • : Entrez dans le monde des lettres ! Un blog entièrement dédié à la littérature, avec de nombreuses critiques, personnelles et argumentées.
  • Contact

Retrouvez moi sur :

Mon profil sur Babelio.com
et sur
 

Recherche