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4 novembre 2009 3 04 /11 /novembre /2009 16:26

Réintroduire le loup dans le massif du Mercantour, ça semblait être une bonne idée. Mais pour les bergers de Saint-Victor, petit village paisible perdu au milieu des montagnes, c'est encore une fausse bonne idée de ces crétins d'écologistes parisiens qui ne connaissent rien à la vie de la campagne. Peut-être, mais quand on commence à retrouver des brebis égorgées dans les bergeries, la révolte gronde. Puis, c'est le corps d'une éleveuse du coin qui est découvert, mutilée de la même façon que ses pauvres brebis. Alors la révolte tourne à la psychose. On se lance sur la piste d'un loup-garou. Carrément. Sur les indications de feu l'éleveuse, les recherches se concentrent sur un employé des abattoirs, un type louche dépourvu de poils, et comme chacun sait, c'est un des signes distinctifs des garous, qui les ont en-dedans, les poils (d'où le titre, tout se tient chez Fred Vargas). Un petit groupe de villageois se met en route, décidés à retrouver le loup-garou : il y a Soliman, le fils adoptif de l'éleveuse décédée, et ses légendes africaines qui lui collent à la peau (la faute aux orgines, y paraît), le Veilleux, un berger pas causeur, mais qui voit bien plus loin que le bout de son nez , Camille, la fille qui conduit la bétaillère, plombière et musicienne, qui lit le Catalogue de l'Outillage professionnel pour se détendre. Et avec eux, de temps à autre, Adamsberg, le commissaire, ancien amant de Camille, et Lawrence, le Canadien spécialiste des grizzlis, venu étudier les loups du Mercantour, et qui "s'incruste" en France pour les beaux yeux de la Camille, même s'il persiste à trouver les Français "cradingues"... Une folle équipe lancée sur une folle équipée, et un roman difficile à résumer !


Bon polar, très désagréable au premier abord, mais une fois les soixante premières pages passées, on se prend au jeu. L'intrigue est déroutante, mais on attend longtemps (un peu trop, peut-être) l'arrivée d'Adamsberg. Les dialogues sont bien ficelés, mais on regrette l'humour répétitif qui s'y fait sentir, et surtout, le fait que chaque personnage soit caractérisé par des tics de langage qui, s'ils sont amusants sur deux pages, énervent au bout de trois cents (particulièrement la façon de parler de Lawrence, insupportable !). A part ça, le roman est plutôt bien construit, le suspense monte progressivement, jusqu'au twist final qu'on attendait depuis un bon moment (parce que poursuivre un boucher invisible pendant trois cents pages, c'est lassant). On aurait pu également se dispenser de la réflexion sur le couple, avec une Camille magnétique, déchirée entre Adamsberg et Lawrence. Mais bon, dans l'ensemble, un polar sympathique, qui ne révolutionne pas le genre, mais qui occupe bien une soirée ou un voyage en train.

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Published by Elizabeth Bennet - dans Critique littéraire
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commentaires

Christophe 06/11/2009 01:14


Ma très chère Elizabeth,
c'est dommage que ce livre t'aie si peu plu. C'est celui que je préfère dans tous ceux écrits par Fred Vargas. Tous ces tics de langage dont tu parles, je les ai trouvés attachants, autant
d'ailleurs que les personnalités qui, il est vrai, sont parfois un peu caricaturales.
Il m'a semblé, pour ma part, que le récit policier n'était rien d'autre qu'une excuse pour Vargas. Elle me semble souvent jouer davantage sur la psychologie des personnages que sur l'intrigue.
Enfin bref, fort heureusement nous aimons tous des choses différentes et c'est tant mieux ainsi.
Je te souhaite plein de bonnes lectures et à bientôt certainement


Elizabeth Bennet 08/11/2009 12:52


Cher Christophe,
Je comprends parfaitement qu'on puisse apprécier ce roman, ainsi que le style de Vargas, y compris dans ses dialogues, et la construction de ses personnages. Pour ma part, c'est surtout le Veilleux
que j'ai bien aimé, je l'ai trouvé complexe et intéressant au niveau psychologique, bien plus que Soliman qui récite le dictionnaire à tout bout de champ ou que Camille qui nous fait sans arrêt le
coup du Catalogue de l'Outillage Professionnel (d'accord, c'est drôle une fois ou deux, l'idée est originale, mais là ça devient vraiment un réflexe de facilité !)
Je suis assez d'accord avec toi dans ce que tu dis sur l'intrigue policière. En effet, elle passe parfois au second plan pour développer la psychologie des personnages, même si à mon sens Vargas ne
leur donne pas assez de profondeur.
Mais, comme tu dis, heureusement, tous les goûts sont dans la nature, l'important c'est de savoir défendre ses coups de coeur calmement, avec de bons arguments, comme tu le fais.
Au plaisir de lire tes commentaires sur de futurs articles,

A bientôt !


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