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15 janvier 2010 5 15 /01 /janvier /2010 15:46
Paris, milieu du XIXe siècle. Quelques mois plus tôt, le corps sans vie du célèbre poète Gérard de Nerval a été retrouvé, pendu à un soupirail de la rue de la Vieille-Lanterne, près du Châtelet. Le préfet de police ainsi que les autorités ont conclu à un suicide eu égard au passé psychologique assez trouble de l'homme de lettres, qui aurait décidé de mettre fin à ses jours dans un moment de désespoir et/ou d'exaltation mystique, lui qui était sujet aux deux. Mais certains de ses amis, notamment un ancien ministre de Napoléon III, penchent pour la thèse d'un assassinat et entendent bien élucider ce mystère. Ils confient donc l'enquête au chevalier Dupin (le héros de Double Assassinat dans la Rue Morgue) et à son acolyte Randolf Carter, qui vont se pencher sur une sombre affaire de sociétés secrètes, de complots, d'occultisme et de "double", guidés par une momie égyptienne, un daguerréotype, un corbeau solitaire et quelques lettres, dans une affaire qui va les conduire à s'interroger également sur les morts suspectes d'Edgar Allan Poe, compatriote et idole de Carter, et d'un certain M. Laurent, dont le cadavre a été ironiquement déposé dans le caveau même de Nerval (profanation ou rituel symbolique ?). Une grande enquête en perspective pour les deux compères...

Quelle déception ! Une quatrième de couverture prometteuse, un récit sous forme d'hommage aux deux grands écrivains dupin.jpgque sont, chacun dans leur genre, Poe et Nerval, un enquêteur sympathique et célèbre, et puis... rien. Ou du moins, pas grand chose. Les personnages sont épouvantablement creux (Carter n'étant que le faire-valoir de Dupin, une sorte de Watson au carré, et ne parlons pas des personnages secondaires, comme Alexandre Dumas, tout simplement risible), les dialogues convenus, rien n'est développée correctement (mais c'était difficile de le faire en 115 pages...), ni l'intrigue, grotesque (pauvre Nerval qui doit faire des sauts périlleux dans sa modeste tombe, avec ou sans le fameux M. Laurent), ni les situations, ni les relations entre personnages, ni le temps du récit... Sans parler de ce ridicule avertissement d'éditeur en début de roman, qui nous replonge en plein dix-huitième siècle en essayant paradoxalement d'authentifier ce récit ironiquement signé "Charles Beau de l'Ers"... Il serait temps de prévenir l'auteur que depuis Montesquieu ou Laclos, les temps ont changé, les pactes de lecture (explicites ou non) aussi, sans parler de l'évolution de la critique littéraire. Même le ton fantastique du dénouement, d'ailleurs expédié en trois pages, n'est pas à la hauteur de Théophile Gautier ou de Nerval lui-même. Seul le style général de l'oeuvre, dans la lignée d'Edgar Allan Poe, est un tant soit peu digne d'intérêt, soutenu et recherché. Mais si vous vous attendiez à apprendre des choses sur Nerval ou Poe, passez votre chemin, ou alors, faites comme l'auteur, consultez leur page Wikipédia, au moins vous aurez économisé 6 euros et quelques heures de votre temps.

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Published by Elizabeth Bennet - dans Critique littéraire
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