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21 janvier 2010 4 21 /01 /janvier /2010 09:38
Retour à Belleville quelques mois après les événements tragiques qui ont endeuillé le Magasin (voir Au bonheur des ogres). Benjamin Malaussène travaille à présent comme Bouc Emissaire dans une maison d'édition, chez la Reine Zabo, comme il surnomme affectueusement cette charmante virago. Il file toujours le parfait amour avec tante Julia, qui maintenant a droit à sa véritable identité, Julie Corrençon, et assume toujours son rôle de frère de famille. Mais depuis quelques temps, un nouveau problème a envahi le quartier : les personnes âgées se mettent à la drogue dure, approvisionnées par un mystérieux réseau de dealers. N'écoutant que son grand coeur, Malaussène décide d'héberger quelques-uns de ces papys junkies, dont Risson, le voeux libraire antisémite du Magasin. Comme si cela ne suffisait pas, la police se retrouve aussi aux prises avec un égorgeur de vieilles dames et une mamie qui transforme la tête d'un policier en fleur avec sa carabine... Et bizarrement, tous les soupçons se portent sur Malaussène qui a le malheur de fréquenter d'un peu trop près le 3e âge de Belleville... Bouc Emissaire un jour, Bouc Emissaire toujours !

Quel bonheur de retrouver toute la tribu Malaussène ! Ils sont toujours aussi déjantés, les enfants toujours aussi précoces, les adultes toujours aussi amoureux, la mère toujours aussi enceinte, le chien toujours aussi épileptique... Cette fois Pennac nous fait aussi voir l'envers du décor, du côté des pfee.jpgoliciers qui enquêtent sur ces différentes affaires, et notamment le jeune inspecteur Pastor, un peu trop pistonné pour être honnête, l'inquiétant commissaire Coudrier, le divisionnaire Cercaire, ainsi que Van Thian, qui se déguise en mémé vietnamienne, la veuve Hô, espérant mettre la main sur l'égorgeur en jouant, avec un succès relatif, les appâts pour meurtriers en cavale. Pennac manie l'argot des quartiers "populaires" comme il respire, et construit son intrigue policière sur un système contrapuntique très original et convaincant. Ses personnages, complexes et attachants, invitent le lecteur à regarder au-delà des apparences... Bien sûr, tout cela donne un résultat complètement loufoque et rocambolesque, parfois invraisemblable, mais ce n'est pas ce qui compte quand on lit Pennac. De quiproquos en malentendus, c'est tout une aventure qui se met en place, avec une série de révélations finales qui fait froid dans le dos... Et sous la plume de Pennac, apparaît tout un univers, celui de Belleville, si cher à l'auteur, avec sa diversité, autant sociale qu'ethnique (on y retrouve pratiquement la population des cinq continents, toutes les classes, toutes les générations, des bambins aux seniors). On peut avoir parfois l'impression de se perdre dans les dédales des intrigues secondaires, mais grâce à l'habileté de l'auteur, on retombe toujours sur ses pattes quelques pages plus loin, presque content de s'être laissé distancer l'espace d'un ou deux chapitres... Une chose est sûre, on ne s'ennuie jamais, et l'on attend avec impatience de lire le troisième volume de la saga !

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Published by Elizabeth Bennet - dans Critique littéraire
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