Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
21 novembre 2009 6 21 /11 /novembre /2009 12:12
Oran, dans les années 1940. Le docteur Rieux, personnage principal du roman, découvre que la ville est touchée par une terrible épidémie de peste. Devant l'ampleur des dégats et le nombre de contaminations, les autorités sont contraintes de prendre des mesures drastiques et placent la ville en quarantaine : nul n'y entre, nul n'en sort. Mais Rieux, malgré toute sa bonne volonté, se retrouve vite impuissant à lutter contre la maladie. Il décide de lutter néanmoins, aux côtés de Rambert, un journaliste parisien séparé de sa compagne, qui ne désire qu'une seule chose, fuir, mais aussi avec l'aide du père Paneloux, qui voit en la maladie un châtiment divin, et de Grand, un employé de mairie qui concentre toute son activité sur l'écriture d'un livre dont il remanie sans cesse la première phrase. Il y a aussi Tarrou, qui lui n'a foi qu'en l'Homme, et qui propose son aide désintéressée à Rieux, faisant preuve d'un grand courage et d'un grand coeur. Ensemble, ils vont devoir affronter l'épidémie et l'injustice qu'elle comporte, la mort, le désespoir, et trouveront dans leur amitié mutuelle de quoi résister chaque jour, sans céder à l'abattement qui gagne les autres habitants d'Oran...


Un roman à lire comme une parabole de l'occupation nazie en France, avec des "héros" (si tant est qu'on puisse utiliser ce terme pour évoquer les personnages de Camus) en résistants au régime de Vichy et toute une réflexion, menée habilement et sans dogmatisme, sur l'absurdité des comportements humains face à l'arbitraire et l'horreur dont fait montre le régime nazi. Un chef d'oeuvre absolu, au style souple et frappant.Un hymne au courage et à le grandeur d'âme, porté par des personnages au caractère rigoureusement défini, cohérents, et tout simplement bouleversants, chacun avec ses propres failles et contradictions (Rieux doit en même temps lutter contre la tuberculose qui ronge sa femme, placée dans un sanatorium, Grand doit accepter de n'être qu'un écrivain sans talent, Rambert doit surmonter la douleur de la séparation...). Un récit beaucoup plus abordable aussi que L'Etranger (autre chef d'oeuvre de Camus, bien sûr, mais d'une lecture parfois ardue) ou que Le Premier Homme, porté par une écriture extrêmement vivante. On ne ressort pas indemne d'une lecture telle que celle-ci. Un grand classique qui mérite d'innombrables relectures, chacune apportant de nouveaux éléments de compréhension, à un niveau symbolique ou historique. Pour moi, l'un des meilleurs romans français du XXe siècle.

Partager cet article

Repost 0
Published by Elizabeth Bennet - dans Critique littéraire
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Ars legendi, un peu de littérature dans ce monde de brutes !
  • Ars legendi, un peu de littérature dans ce monde de brutes !
  • : Entrez dans le monde des lettres ! Un blog entièrement dédié à la littérature, avec de nombreuses critiques, personnelles et argumentées.
  • Contact

Retrouvez moi sur :

Mon profil sur Babelio.com
et sur
 

Recherche