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5 juillet 2011 2 05 /07 /juillet /2011 16:56

Cinq petites filles ont été enlevées en quelques jours. Parfois en plein jour, au milieu de la foule. Parfois, à quelques mètres à peine de leurs parents, alors même que le pays entier était en état d'alerte. Cinq fillettes innocentes, âgées de 7 à 13 ans, enfants uniques enlevées à leurs familles. La police est sur les dents : pas un indice tangible, pas un témoignage fiable, pas une piste, rien. Jusqu'au jour où deux enfants découvrent par hasard, dans les bois, de petites fosses, contenant chacune un bras droit. Six bras. Face à cette découverte macabre, les enquêteurs sont de plus en plus désemparés. Ils appellent l'une de leurs collègues en renfort, la jeune Mila Vasquez, spécialisée dans les disparitions d'enfants. Celle-ci doit donc collaborer avec l'équipe de l'inspecteur-chef Roche, formée des agents Boris, Stern, Rosa, ainsi que du criminologue Goran Gavila, spécialistes des tueurs en série, ébranlé par le départ soudain et inexpliqué de sa femme, et qui vit seul avec son fils Tommy. L'enquête se met enfin à avancer, grâce à la découverte fortuite, dans le coffre de voiture d'un pédophile, d'un corps de fillette amputé d'un bras. Debby Gordon. La première fillette enlevée. Mais le suspect, Alexander Bermann, se suicide dans sa cellule, sans avoir rien avoué, et les policiers découvrent rapidement qu'il n'a pas tué la petite. D'indices en révélations, l'enquête progresse, mais chaque corps retrouvé oriente les soupçons vers un suspect différent. Alors, qui est vraiment derrière tout ça ? Les enquêteurs vont se lancer dans une véritable course contre la montre pour retrouver l'assassin, d'autant que, comme ils vont le découvrir, la sixième fillette est encore en vie, mais plus pour longtemps...

 

On croyait le sous-genre policier des serial-killers réservé aux Américains, mais ce livre montre que nous avions tort : Carrisi est sans conteste l'un des auteurs les plus doués de sa génération, et il fait voler en éclats les préjugés du lecteur sur les polars italiens. L'intrigue démarre sur les chapeaux de roues, et les chapitres se succèdent sans un seul temps mort ni paragraphe superflu, d'autant que l'écriture de Carrisi ne s'embarrasse pas de fioritures, jusqu'à devenir parfois utilitaire et impersonnelle. On s'attache toutefois rapidement à Mila, l'héroïne, qui porte en elle une grande part d'ombre et se chuchoteur.jpgtaillade méthodiquement la peau en souvenir de chaque enfant qu'elle n'a pas pu sauver à temps. Les personnages secondaires sont également intéressants, même s'ils deviennent parfois un peu caricaturaux, chacun ayant en lui une faille qui va ressurgir lors de cette enquête décidément hors du commun. L'auteur maîtrise parfaitement son intrigue (bien que l'on relève çà et là quelques invraisemblances, comme la fillette retrouvée morte dans un bassin rempli de larmes...), égarant soigneusement son lecteur dans d'innombrables fausses pistes et autres faux-semblants, pour mieux l'amener, imperceptiblement mais inexorablement, au coup de théâtre final, qui se révèle malheureusement décevant, et surtout terriblement attendu, un comble pour un roman policier de cette envergure. En dix pages à peine, Carrisi sape tout le travail accompli en direction d'un final grandiose, terrible, tout en apothéose, pour nous servir un tueur machiavélique au petit pied, et que le lecteur soupçonne dès les premières pages en raison de son attitude étrange. Malgré un épilogue qui fait froid dans le dos, l'impression qui domine cette fin de roman est une grande déception. On retiendra donc de Carrisi ses personnages ambigus, son écriture nerveuse mais relativement agréable, son inventivité, mais on aurait aimé un dénouement un peu plus travaillé, moins prévisible et surtout moins invraisemblable, car il semble finalement que Carrisi se décarcasse pour faire le lien entre toutes les affaires évoquées au cours du roman et le "grand méchant" de la fin. Un auteur à suivre, donc, et en attendant, Le Chuchoteur reste un roman plus qu'acceptable, salué par la critique autant que par le public.   3 étoiles

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Published by Elizabeth Bennet - dans Critique littéraire
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commentaires

Luna 15/10/2011 11:34


Sans toutes les coquilles que j'ai vu (et vérifiées par mes prof), ça aurait été un véritable coup de coeur !
L'avantage du coup, c'est que j'ai bien pu réviser mes cours... mais c'est tellement dommage un livre policier où les détails médicaux n'ont rien à voir avec la réalité !


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