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2 octobre 2012 2 02 /10 /octobre /2012 20:50

Chez les Tuvache, le suicide, c'est une institution. Dans ce petit magasin entouré de tours gigantesques et où n'entre jamais un rayon de soleil, on trouve tout pour réussir sa mort, puisqu'on a raté sa vie, comme le proclame la devise de l'échoppe : des cordes au poison, en passant par les parpaings ou les revolvers, tout y est, il n'y a qu'à choisir en fonction de ses goûts et de son budget. Et comme chez les Tuvache, on fait bien les choses, toute la famille porte les noms de "suicidés" célèbres : Lucrèce (Borgia), Mishima, Marilyn (Monroe), Vincent (Van Gogh) et Alan (Turing). Hélas, le petit dernier, Alan, justement, est un enfant difficile : il sourit en permanence et prend toujours le bon côté des choses. On a vu mieux pour faire marc her un magasin de mort, où les clients sont salués d'un "Mauvais jour" puis d'un "Adieu", puisqu'on espère bien ne pas les revoir... Autant dire que les Tuvache sont loin d'être enchantés de cette joie de vivre qui fait mauvais effet sur les clients. Mais rien n'y fait, et plus Alan grandit, plus il semble déterminé à répandre le bonheur et l'optimisme autour de lui...

 

Teulé aime provoquer, c'est un fait. Aussi, lorsqu'il s'attaque au business de la mort de façon décalée et teule.jpgdécomplexée, on peut s'attendre à ce qu'il le fasse à fond. Pourtant, force est de constater que, malgré une bonne idée de départ, délicieusement morbide, il ne pousse pas son intrigue jusqu'au bout : le livre s'essouffle rapidement, trop sans doute pour un roman de moins de deux cents pages. Même si les descriptions des techniques de vente des Tuvache puis des sabotages de leur fils peuvent faire sourire, l'ensemble reste beaucoup trop gentil et pas assez grinçant. Autant dire que les Monty Pythons cités sur la 4e de couverture sont bien loin : l'humour noir, réellement corrosif, est bien trop peu exploité, sur un sujet qui pourtant n'en manquait pas. Les personnages sont en outre caricaturaux et manquent d'épaisseur, et le roman se termine en queue-de-poisson, donnant une impression d'inachevé, de brouillon, comme s'il ne s'agissait que d'une ébauche et que le véritable roman restait encore à écrire. L'univers futuriste imaginé autour de l'histoire, avec ses pluies acides, ses attentats et ses catastrophes naturelles en série, est trop peu développé, réduit à quelques détails donnés rapidement, presque gratuitement. Ajoutons que le style, comme souvent chez Teulé, est désespérément plat, malgré quelques citations de Baudelaire insérées ni vu ni connu, souvent grossier et sans grand intérêt. Espérons qu'au moins l'auteur s'est amusé en écrivant ce livre, à défaut d'avoir réussi à amuser son lecteur.   2 étoiles

 

A découvrir aussi, du même auteur : Charly 9 et Mangez-le si vous voulez

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Published by Elizabeth Bennet - dans Critique littéraire
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