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7 avril 2012 6 07 /04 /avril /2012 20:50

A El Idilio, petit village situé à l'orée de la forêt amazonienne, les anciens colons cohabitent tant bien que mal avec les chercheurs d'or, les aventuriers partis à la recherche de l'Eldorado et avec les Jivaros, des Indiens rejetés par leur propre peuple et hantant le port en quête d'alcool. La bourgade est administrée par un maire obèse suant continuellement à grosses gouttes et surnommé "La Limace" par les habitants du village. En dehors d'un bateau qui le ravitaille quelques fois par an, El Idilio vit coupé du monde. Mais un jour, les Indiens Shuars, qui vivent non loin de là, repliés dans la forêt, rapportent au village le cadavre d'un chasseur blanc atrocement mutilé. Le maire s'empresse d'accuser les Indiens mais Antonio José Bolivar, un vieil homme veuf habitant le village depuis des années, et grand lecteur de romans d'amour, attribue le meurtre non à une main humaine mais à la griffe d'un fauve. Une femelle jaguar, précisément, qui cherche à venger la mort de ses petits, cruellement abattus par le chasseur. Le maire, qui ne supporte pas d'être publiquement contredit, est bien décidé à faire payer à Bolivar cet affront, et l'occasion ne va pas tarder à se présenter, car les morts se multiplient : le jaguar ne cessant de faire davantage de victimes et se rapprochant de plus en plus du village, il devient urgent de le retrouver et de l'abattre afin de mettre un terme à son implacable appétit de vengeance. Bien évidemment, Bolivar est tout désigné pour cette tâche, lui qui connaît la forêt comme sa poche et qui a vécu durant de longues années auprès des Shuars, dont il a appris de nombreuses techniques de chasse. Mais l'adversaire, cette fois-ci, est l'un des plus redoutables qu'il ait eu à affronter, et le vieil homme n'est pas certain d'en revenir vivant...

 

Roman le plus célèbre de Sepulveda, qui lui assura une renommée internationale, cet ouvrage a très - trop - vite été rangé dans la catégorie des romans de gare, en raison de son petit nombre de pages et de l'apparente simplicitésepulveda de son intrigue et de son style. Certes, ces aspects sont indéniables, mais Sepulveda surpasse largement, et à plus d'un titre, tous les Marc Levy, Anna Gavalda et autres Amélie Nothomb, sans parler de Paolo Coelho lui-même, à qui on l'a souvent comparé, notamment pour les thèmes qu'il aborde dans ses romans (la quête de soi, le sacré, l'honneur, la lutte...). D'abord parce que ce roman, sous son aspect simple, voire simpliste, est en réalité plus profond qu'il n'y paraît, et ne se résume pas à une banale leçon pseudo-écologique sur la barbarie des hommes et sur la nécessité de protéger l'Amazonie : il s'agit d'un récit palpitant, dont l'humour n'est pas absent, loin s'en faut (et les descriptions du maire sont particulièrement amusantes, quoique un peu faciles), qui transporte véritablement son lecteur dans ces contrées sauvages de l'Amazonie, où la présence d'une femelle jaguar assoiffée de vengeance peut mettre en péril tout un village. Le style de cet ouvrage apparaît simple et subtil à la fois, d'une densité parfaite pour rendre compte des réalités décrites, majestueux sans faste ni ostentation, comme si les mots coulaient naturellement sous la plume de l'auteur, et les personnages sont plutôt bien campés, en général loin des clichés (même le maire ventripotent et perpétuellement en sueur n'est pas aussi ridicule qu'il n'en a l'air, notamment par le côté inquiétant qu'il révèle dans certaines scènes). Le seul bémol concernant cet ouvrage est sa longueur : il est beaucoup trop court pour satisfaire tout lecteur digne de ce nom, et nous immerge dans un univers qu'on ne quitte qu'à contrecoeur. Une grande leçon d'humanité, paradoxalement donnée lors d'une lutte à mort contre un animal, ce qui ne peut manquer de faire penser à un autre classique de la littérature au titre très proche, Le Vieil Homme et la Mer, et comparer Sepulveda à Hemingway est sans doute l'un des plus beaux compliments que l'on pourrait lui faire. 3,5 étoiles

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Published by Elizabeth Bennet - dans Critique littéraire
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maxou 08/04/2012 19:50

J'ai eu la chance de lire une petite partie de ce roman dans sa langue originale en cours de langue. Le peu que j'avais lu m'avais donner une plutôt bonne impression, assez simple mais bien
construit et l'histoire qui pourrait intéresser. Je vois que je me suis pas totalement trompé. Je le lirait peut être si j'ai le temps.

Elizabeth Bennet 15/04/2012 23:22



Je pense que ce roman pourrait effectivement vous plaire, mon cher Maxou. A l'occasion, peut-être votre illustre grand-frère pensera-t-il à vous le prêter, en échange d'une Game Cube, par
exemple.


SuperMarioment vôtre,


EB



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