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7 février 2013 4 07 /02 /février /2013 21:50

Fitz, Deborah, Moussah. Un trio de noctambules inséparable. Un dealer à la petite semaine, une prof de ZEP accro à la coke, un grand Black qui joue les vigiles à l’entrée des discothèques. Voilà maintenant trois semaines que Moussah s’est amouraché de Cerise, une sublime métisse qui doit participer prochainement à un concours de mannequins. À presque 25 ans, c’est sa dernière chance de percer dans un milieu qui ne jure que par la jeunesse éternelle.

Mais la belle Cerise disparaît du jour en lendemain, quelques jours avant ce concours qui aurait pu bouleverser sa vie. Moussah est inconsolable, et ses amis pensent qu’il s’agit d’une banale rupture. Mais Cerise ne répond plus, même à ses amis et à ses proches, et son silence finit par inquiéter Moussah, convaincu que cette disparition n'est pas l'effet du hasard.

Et si Cerise avait été enlevée ? Après tout, elle était pressentie comme la favorite pour le concours, et nombre de ses concurrentes auraient pu vouloir se débarrasser d'une candidate un peu trop parfaite... À commencer par Aurélie, la belle dont Fitz s'est entiché au premier regard, et dont le sourire ravageur dissimule une ambition démesurée...

 

 

Écrire un polar sur le monde des concours de beauté, en prenant pour héros un trio improbable de drogués à la morale plutôt discutable, c'est un pari risqué. Olivier Gay s'en sort avec les honneurs, mais son roman comporte toutefois bien des faiblesses, révélatrices d'une plume encore peu exercée.

 

mannequins.jpgLe choix du sujet est original, l'écriture est légère, percutante, pleine d'humour, et rappelle le style un peu décalé des romans de Denis Alamercery, même si Olivier Gay semble davantage goûter les références à Audiard que les calembours stupides. Les personnages sont assez attachants, plutôt bien campés (à l'exception toutefois des personnages secondaires, bien plus grossièrement esquissés et manquant généralement de subtilité), bien que l'auteur ait tendance à insister un peu trop lourdement sur leur caractère marginal et anti-conformiste : certes, ils sont tous plus ou moins accros à la cocaïne, mais est-ce une raison pour en parler toutes les trois pages ? L'intrigue, quoique assez faible au regard du dénouement (un peu bâclé, il faut le dire), est plutôt prenante, et le rythme plaisant, les quelques rebondissements parvenant à créer suffisamment de suspense pour accrocher le lecteur.

 

Néanmoins, il faut bien avouer que ce roman est loin de laisser un souvenir impérissable, et provoque même régulièrement l'agacement, notamment avec les trop nombreuses références à la culture populaire actuelle : les personnages s'envoient sans arrêt des textos, on communique sur Facebook et Twitter, le tout en écoutant du Lady Gaga ou du Rihanna et en portant des vêtements signés Gucci ou Versace... Certes, la caricature est voulue par l'auteur, mais à force, on se demande s'il ne fait pas tout pour jouer les jeunes branchés, au risque de paraître finalement un peu ridicule.

 

En bref, il s'agit là d'un roman distrayant, dont la force ne réside que dans le style décalé et humoristique. Le reste, à commencer par l'intrigue, est trop inégal pour susciter un véritable intérêt et marquer durablement les esprits. 2,5 étoiles

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Published by Elizabeth Bennet - dans Critique littéraire
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