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30 août 2012 4 30 /08 /août /2012 20:45

Au milieu du XIXe siècle, le docteur Rochambaud, engagé comme médecin dans l'armée de Napoléon III, lors de ses campagnes d'Italie, entame une correspondance régulière avec un médecin normand, le docteur Le Cœur. Par leur intermédiaire, le jeune soldat Brutus Délicieux peut communiquer avec sa famille et sa fiancée Louise, restée au village. Suite à un rachat de numéro, Brutus a été envoyé à la place du fils Durant, un voisin plus fortuné. Mais le jeune soldat, devenu ordonnance de Rochambaud, qui l'a pris sous son aile, se montre plus retors que prévu, accumulant les frasques et rétif à toute autorité. De son côté, le docteur Le Cœur tient également un journal, dans lequel il évoque son activité de praticien, ses tournées à longueur de journée, ses diagnostics, mais aussi ses relations amicales, professionnelles et amoureuses. En effet, veuf et père de trois grands enfants, le médecin au charme irrésistible se met à enchaîner les conquêtes et les aventures libertines, lui qui auparavant était toujours resté fidèle à son épouse. Et en dressant le constat de ses propres turpitudes, le voilà qui découvre également celles de ses patients : adultères, inceste, prostitution, sorcellerie, tentative de meurtre... Il y a décidément quelque chose de pourri au royaume de Normandie.

 

Voilà un roman qui a tout pour plaire : entre le catalogue de mœurs et le journal d'un médecin de campagne au XIXe, condensant mille romans en un, porté par une multitude de personnages et tout autant de destinées, écrit dans une langue recherchée et agréable... Et saisons.jpgpourtant, impossible d'accrocher à la lecture. Tout semble trop parfait, dans ce roman, et presque artificiel : le lien entre la correspondance des médecins et le journal du héros est pratiquement inexistant, l'intrigue est tellement foisonnante qu'elle ne va nulle part (il y a un début et une fin, mais finalement, l'ensemble aurait très bien pu faire deux cents pages de plus... ou de moins), les personnages sont tellement nombreux qu'il est difficile de s'y retrouver, le style est entièrement plagié sur celui de Flaubert, Maupassant et Zola... Résultat : un ennui profond. On peine vraiment à avancer dans la lecture de cet ouvrage qui a manifestement visé trop haut, qui nous assène des vérités universelles sans lien avec l'intrigue, qui nous propose un héros terriblement antipathique avec son côté à la fois donneur de leçons et coureur de jupons... Aucune trame claire n'est définie, le prologue et l'épilogue sont parfaitement énigmatiques si l'on ne les lit pas l'un après l'autre, et le dénouement est complètement absurde, presque risible : pour un peu, on croirait que l'auteur ne savait pas comment terminer son roman, et qu'il a choisi une solution de facilité grotesque. En somme, une grande déception devant ce roman qui se veut à mi-chemin entre Les Misérables et Les Liaisons dangereuses, mais qui est loin d'en avoir la richesse, la force et la portée.   1,5 étoile

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Published by Elizabeth Bennet - dans Critique littéraire
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