Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
27 août 2012 1 27 /08 /août /2012 16:50

La discrète Samantha Fallow, célibataire endurcie vivant à Londres avec sa grand-mère Agatha, autoritaire mais bienveillante, et sa grand-tante Margaret, fantasque et exubérante, est en charge de la rubrique « Courrier du Cœur » du magazine You and I. Sous le pseudonyme glamour de « Miss Sweety », elle y répond à diverses lettres de lectrices, épouses délaissées par leur mari, adolescentes enflammées et autres cœurs brisés… Cette existence paisible n’est troublée que par trois phobies qui lui empoisonnent la vie : outre une propension à rougir excessivement dès qu’un homme lui adresse la parole, la jeune femme a, depuis la mort de ses parents dans des circonstances tragiques, une peur bleue des fleurs, des voitures et des autobus à impériale, ce qui limite sérieusement sa vie sociale et professionnelle, même si elle s’en accommode bon gré mal gré. Un jour, pourtant, elle reçoit une lettre la menaçant de mort, expédiée par un mari que sa femme a quitté sur les conseils de Miss Sweety. Qui peut bien lui en vouloir à ce point ? Et surtout, comment a-t-on pu découvrir son identité et son adresse ? La police ne la prenant pas au sérieux, et les lettres se succédant et devenant de plus en plus inquiétantes, Samantha est obligée de mener sa propre enquête, aidée de sa grand-mère et de son nouveau voisin, le timide et serviable Peter Plumkett...

 

Avec sa couverture rose bonbon, son titre acidulé et ses amourettes contrariées, Miss Sweety est l'incarnation parfaite du roman à l'eau de rose version XXIe siècle. Amoureux d'intrigues policières et de thrillers, passez votre chemin, ici le suspense consiste avant tout à savoir avec qui Samantha va finir, entre le bel avocat italien, l'officier de police protecteur ou le mystérieux voisin au charmemiss sweety troublant, mais qui reçoit régulièrement un homme chez lui (ce qui suscite l'indignation de la grand-mère, à cheval sur les principes et l'orientation sexuelle). En effet, l'histoire des lettres de menace n'est finalement qu'un prétexte pour évoquer les problèmes de coeur d'une journaliste qui se prétend experte en histoires d'amour, du moins quand il s'agit de s'occuper de celles des autres. Cousu de fil blanc d'un bout à l'autre, ce roman se laisse néanmoins lire, malgré les caractères terriblement stéréotypés des personnages (Margaret en éternelle amoureuse et gentille  allumée en est le meilleur exemple), les situations convenues et l'humour un peu artificiel (le flegme britannique en prend un sacré coup, d'ailleurs). Avec cette variation du roman de gare sur le thème "Bridget Jones mène l'enquête", la littérature est mise à mal, le féminisme est piétiné sans vergogne (bonjour la lecture genrée...) et le lecteur (pardon, la lectrice, évidemment !) ne ressent qu'un sentiment de malaise, d'ennui et de déjà-vu. Le seul élément marquant de ce roman est peut-être le goût immodéré des personnages pour le thé (environ une tasse par page, gare à l'indigestion), sans doute parce que, dans l'esprit de l'auteur, tous les Anglais boivent du thé dès qu'ils ont, au choix, un invité, un coup de blues, une peine de coeur, ou un moment de libre. En somme, un roman distrayant mais parfaitement dispensable, sympathique mais complètement tiré par les cheveux (la fin est, à ce titre, risible), léger mais souvent vain, ce qui en fait un parfait scénario de comédie romantique à l'américaine.     1 étoile

Partager cet article

Repost 0
Published by Elizabeth Bennet - dans Critique littéraire
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Ars legendi, un peu de littérature dans ce monde de brutes !
  • Ars legendi, un peu de littérature dans ce monde de brutes !
  • : Entrez dans le monde des lettres ! Un blog entièrement dédié à la littérature, avec de nombreuses critiques, personnelles et argumentées.
  • Contact

Retrouvez moi sur :

Mon profil sur Babelio.com
et sur
 

Recherche