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3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 21:00

Peter Crookham et sa femme Mariana, tous deux architectes dans les environs de York, filent le parfait amour depuis leur rencontre. Pourtant, malgré leur complicité, Mariana, d'origine allemande, refuse de parler à Peter de son passé. Une enfance passée à Berlin Est, dans les années 1980, à une époque où la Stasi, la police secrète, faisait régner la terreur à coups d'arrestations arbitraires et d'interrogatoires musclés.

Un soir, en rentrant chez lui, Peter découvre son frère Andy gisant dans le salon, poignardé à mort. À ses côtés, Mariana, en état de choc, est couverte de sang. Tout accuse Mariana, y compris son incapacité à expliquer son geste, mais Peter refuse de la croire coupable.

En fouillant dans les dossiers de son frère, journaliste de métier, Peter découvre qu'Andy enquêtait secrètement sur le passé de Mariana, qu'il soupçonnait d'avoir pris une fausse identité à son arrivée en Angleterre, quelques années plus tôt. Un passé qui est loin d'avoir livré tous ses secrets, et que certains, à en juger par les menaces que reçoit Peter, sont bien décidés à garder enterré le plus longtemps possible...

 

Il y avait longtemps qu'un polar ne nous avait pas fait le coup de la montagne qui accouche d'une souris. Merci à David Thomas, cette injustice est désormais réparée. Car, après vous avoir fait miroiter une enquête de haute volée au dénouementNocesMacabres.jpg spectaculaire et percutant, l'auteur vous laisse désemparé, avec une vague explication psychologisante digne du comptoir crasseux (oui, tout est dans le détail) d'un bar PMU de province. "Tout ça pour ça ?", hurlez-vous à la lune, tout en proie à une indignation légitime ? Oui, tout ça pour ça. Tous ces secrets, toutes ces menaces, tous ces meurtres, pour un détail d'une trivialité confondante.

Si encore la qualité de l'écriture, les rebondissements incessants de l'intrigue ou la complexité des personnages relevaient le niveau d'ensemble, on pourrait accepter ce dénouement grotesque et presque insultant pour le lecteur, mais bien entendu, rien ne vient nous consoler : les personnages ne sont pas du tout attachants, avec une froideur qu'on dirait tout droit sortie d'un documentaire sur l'Allemagne de l'Est, ni même un tant soit peu crédibles (le héros en tête : sa femme est soupçonnée d'avoir assassiné son frère, et il ne pense qu'à la défendre envers et contre tous, sans jamais se remettre en question), l'intrigue est à peu près aussi palpitante qu'une rediffusion de Derrick en croate non sous-titré, avec une énième version du coupable idéal, accompagnée de son lot prévisible et convenu de trahisons et de manipulations, et le style est d'une pauvreté confondante, sans aucune originalité.

Même les passages décrivant les exactions de la Stasi sont fastidieux, attendus et rébarbatifs, alors qu'il y avait matière à élaborer quelques scènes particulièrement saisissantes.

Bref, rien d'intéressant, rien à sauver dans ce polar au suspense inexistant et long à mourir, même pas sa couverture, kitsch au possible, ni son titre, plat et prosaïque. 1 étoile

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Published by Elizabeth Bennet - dans Critique littéraire
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