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27 novembre 2012 2 27 /11 /novembre /2012 21:13

Enlevés par le chef d'un cartel mexicain pour une raison inexpliquée, Arno Fugiers, ancien militaire, et son ami David Viel, flic, ont réussi à s'évader. Hélas, ce n'était que le début de leurs ennuis : après avoir perdu au poker contre le Ministre de l'Intérieur, Fugiers est contraint d'intégrer la DCRI (née de la fusion des RG et de la DST) sous les ordres de Viel, chargé de l'enquête. Très vite, sur leur passage, les cadavres sans tête s'accumulent, les questions sans réponse également. C'est alors qu'il se voit adjoindre une coéquipière de choc  : Ana, agent des services secrets espagnols, au physique ingrat et plutôt portée sur la boisson, au grand dam de Fugiers, qui préfère la cocaïne. Traqué par plusieurs mafias concurrentes et par l'IGPN, qui aimerait bien savoir comment ses empreintes  se sont retrouvées sur l'une des scènes de crime, Fugiers n'a qu'un recours : son pote Gino, parrain par intérim du clan sicilien depuis que le big boss a été froidement éliminé, et dont le réseau fort étendu sur la capitale lui permet de continuer, bon gré mal gré, son enquête. Alors que celle-ci va le mener au cœur d'un horrible trafic d'organes en plein développement, Fugiers va devenir le jouet des différentes mafias et de la DGSE, qui comptent bien récupérer, chacune de leur côté, la petite boîte d'allumettes en apparence inoffensive qui a déclenché toute l'affaire en atterrissant mystérieusement dans son blouson...

 

Si vous regrettez l'humour truculent et les situations farfelues des San-Antonio, ce roman est fait pour vous. Maniant la plume avec une incroyable dextérité, Denis Alamercery ne nous laisse pas une seconde de répit, accumulant les jeux de organes.jpgmots hilarants (et souvent douteux), les raccourcis expressifs qui lient action et conjugaison et les digressions les plus invraisemblables. Son héros est un concentré de défauts : rancunier, misogyne, entêté, orgueilleux, accro au jeu, aux filles et à la drogue... Et les personnages secondaires ne sont guère mieux lotis, chacun ayant un caractère bien trempé et une repartie exceptionnelle, de quoi faire sourire le lecteur plus d'une fois, notamment lorsque Cassandra, la nymphette du bois de Boulogne, se fait baffer par Gino, parfait en macho sicilien qu'il ne faut pas trop chercher. Si certains trouvent que ce second degré et cette causticité permanente dénaturent le roman policier, on ne peut nier que Denis Alamercery nous propose une œuvre à mille lieues de ce qui se fait actuellement en matière de polar, et c'est bien agréable. L'histoire est en outre bien ficelée, avec de nombreux rebondissements qui lui donnent du rythme, et jusqu'à la dernière page, il n'est pas toujours évident de discerner les alliés des ennemis. Et si l'on meurt tout de même beaucoup dans ce roman (près de vingt-cinq cadavres en 400 pages, chez Alamercery l'au-delà ne connaît pas la crise), il n'empêche qu'on est bien loin des thrillers sanglants à la mode : ici, tout est vintage, sauf le thème principal du roman, le trafic d'organes, évoqué dans un dossier documentaire un peu bâclé mais pas inintéressant, présent en fin d'ouvrage. En somme, un excellent moment de lecture, moins pour la puissance de l'intrigue que pour le style, définitivement impayable.  3,5 étoiles

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Published by Elizabeth Bennet - dans Critique littéraire
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