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27 novembre 2013 3 27 /11 /novembre /2013 21:45

1895. La carrière littéraire et mondaine d'Oscar Wilde est au plus bas : son existence scandaleuse fait la une des journaux, et le procès qui lui est intenté pour dépravation des mœurs défraie la chronique.

Condamné à deux ans d'emprisonnement, Wilde est aussitôt incarcéré et assujetti aux travaux forcés. Mais faire tourner la roue d'un moulin ou trier de l'étouppe douze heures par jour constituent des tâches bien trop pénibles pour sa faible constitution et ses manières délicates.

Soumis à l'isolement absolu, selon les règles de l'époque qui stipulaient que les détenus ne communiquent jamais entre eux, l'esprit mondain de l'écrivain s'étiole.

Révolté par la dureté de sa condition, méprisé par les gardiens qu'il tente désespérément de se concilier, Wilde est en sus transféré au pénitencier de Reading, l'un des plus durs du pays. Malgré le règlement, il parvient à échanger quelques mots avec les détenus des cellules voisines, notamment le dénommé Sebastian Atitis Snake, empoisonneur dont le nom étrange et plein de promesses fascine Wilde, et A.A. Luck, un eunuque d'origine indienne et qui semble savoir bien des choses concernant la vie d'Oscar Wilde. Un peu trop, même...

 

Depuis maintenant plusieurs années, Gyles Brandreth publie régulièrement les aventures d'un Oscar Wilde peu conventionnel, féru de mystères et d'enquêtes impossibles.

Fidèlement assisté de ses amis Robert Sherard et Arthur Conan Doyle (à qui il aurait inspiré le personnage de Sherlockreading.jpg Holmes), Wilde résout aisément les intrigues les plus alambiquées, tout en accumulant, en bon dandy qu'il est, traits d'esprits et autres aphorismes, suscitant l'admiration sans bornes de ses deux acolytes.

Néanmoins, avec le dernier titre publié, on avait pu ressentir comme une certaine lassitude, devant une intrigue tirée par les cheveux et un Oscar Wilde atteignant les limites de son personnage de dandy excentrique.

Avec ce nouvel opus, Brandreth prend un tournant radicalement différent : l'histoire se passe cinq ans à peine avant la mort du dramaturge, sa carrière est brisée, son nom souillé, sa femme réfugiée en Italie pour éviter la disgrâce causée par les mœurs un peu trop libres de son époux. Loin des dîners mondains et des restaurants gastronomiques, c'est désormais dans une cellule obscure, étroite et crasseuse qu'évolue Wilde, qui dépérit à vue d'œil.

On aurait pu croire que cette tonalité beaucoup plus sombre relancerait l'intérêt des lecteurs, mais ce sixième roman se révèle finalement assez insipide : Wilde n'est plus que l'ombre de lui-même, l'enquête (car il y en aura bien une) est assez secondaire, le dénouement complètement invraisemblable et le rythme est loin d'être soutenu, tandis que les personnages secondaires, malgré leur caractère plutôt fouillé, font pâle figure comparés aux précédents compagnons de Wilde, qui jouaient parfaitement leur rôle de faire-valoir en offrant à leur extravagant ami la possibilité de déployer son esprit dans toute sa splendeur.

Rédigé en outre dans un style assez plat, ce roman laisse le lecteur assez indifférent, devant un Wilde geignard qui devient de plus en plus antipathique et terne. Espérons tout de même qu'il ne s'agisse pas d'une manière pour l'auteur de tirer sa révérence, car elle serait bien disgrâcieuse, médiocre et décevante.   1.5 étoile

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Published by Elizabeth Bennet - dans Critique littéraire
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