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14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 13:05

Juillet 1892. Arthur Conan Doyle, épuisé par le gigantesque succès de son héros Sherlock Holmes, et la pression permantente qu'il subit pour donner une suite aux aventures de son célèbre héros, se retire en Allemagne pour y faire une cure thermale et prendre un peu de repos. À son arrivée, il tombe avec stupéfaction sur son ami Oscar Wilde, venu prendre les eaux à la demande de son épouse, qui aimerait le voir perdre du poids. Alors qu'Oscar décide de donner un coup de main à Conan Doyle pour traiter l'épaisse correspondance envoyée par ses lecteurs, les deux amis tombent sur une main momifiée, un doigt pourvu d'un anneau d'or, et une boucle de cheveux. Les macabres objets, adressés à Sherlock Holmes lui-même, ont tous trois été expédiés depuis Rome, et nos deux détectives décident de mettre un terme à leur cure pour gagner la Ville éternelle, où le pape Pie IX vient de s'éteindre. Mais dès leur arrivée à Rome, les deux compères découvrent que leur enquête ne sera guère aisée : pour découvrir le fin mot de l'histoire, ils vont devoir infiltrer l'un des cercles les plus privés et les plus influents de l'Église catholique. Un cercle où ils pourraient très bien n'avoir pas que des amis...

 

Pour cette nouvelle enquête d'Oscar Wilde, la cinquième en date, Gyles Brandreth a décidé de modifier un peu sa trame : pour une fois, ce n'est pas Robert Sherard qui accompagne le plus dandy des détectives dans ses pérégrinations, mais ConanVatican Doyle, son ami de toujours, déjà personnage récurrent des précédents volumes. Il s'agit là d'une amélioration notable, car Sherard avait tendance à jouer rapidement le rôle de faire-valoir d'Oscar Wilde, dont il goûtait chaque aphorisme avec un mélange attendu de délectation et d'indignation. Certes, Conan Doyle, par moments, est un peu trop Docteur Watson et pas assez Sherlock Holmes face à la tornade Wilde, mais son sens pratique et sa foi absolue en l'amour conjugal en font un adversaire plus coriace pour notre tonitruant héros que ne l'était le pâle Robert Shepard. Outre le plaisir de retrouver Wilde menant l'enquête à grand renfort d'extravagances et de beuveries, le lecteur apprécie donc tout particulièrement de découvrir une nouvelle facette de Conan Doyle. Néanmoins, le rythme semble peiner à s'installer dans ce volume, l'intrigue en elle-même n'étant pas des plus palpitantes : autant le dire tout de suite, il ne se passe pas grand chose durant les deux cents premières pages, et les personnages secondaires sont loin de captiver autant que ceux des précédents romans. Heureusement, Wilde, fidèle à lui-même, est toujours aussi agaçant avec ses affirmations péremptoires et sa confiance excessive en soi, et même s'il résout un peu trop rapidement cette enquête dans laquelle il a eu l'air de patauger pendant si longtemps, on ne peut qu'admirer ses talents de détective et ses postures étudiées d'esthète incompris. En bref, sans doute pas le meilleur de la série, mais un bon roman tout de même, à l'humour omniprésent et qui nous fait retrouver avec bonheur les deux écrivains apprentis détectives, dont on attend avec impatience les prochaines aventures.   3 étoiles

 

Découvrez également, dans la même série :

Oscar Wilde et le cadavre souriant, de Gyles Brandreth

Oscar Wilde et le jeu de la mort, de Gyles Brandreth

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Published by Elizabeth Bennet - dans Critique littéraire
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