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4 juillet 2011 1 04 /07 /juillet /2011 12:03

Quinze ans après, nous retrouvons le héros du précédent opus d'Arnaud Le Guilcher, En moins bien. Il n'est pas retourné à Sandpiper, mais il travaille toujours dans son petit pressing, avec sa patronne, Madame Kurosawa, et le neveu de celle-ci, Takeshi, qui emploie l'essentiel de ses revenus à acheter des sous-vêtements portés par de jolies filles sur des vidéos pornographiques. Il ne s'est pas remarié, échaudé par l'échec de sa première union, mais a pris un chien, qui a un léger penchant pour la boisson, à l'image de son maître. Notre héros s'est habitué à cette petite vie paisible, recevant de temps à autre des nouvelles d'Emma et de son fils, dont il accroche les photos au-dessus de sa cuisinière. Mais ce soir de Noël 2014, on sonne à la porte. C'est Emma, accompagnée de son fils, un grand échalas gothique de quinze ans, qui porte le même prénom que le héros. Les voilà qui débarquent dans la vie du narrateur, sans prévenir, sans explication d'aucune sorte. Désormais celui-ci doit se faire père de famille, et se comporter comme tel, ce qui est loin d'être facile, d'autant que les rapports avec son fiston, en pleine crise d'adolescence doublée d'une crise existentielle, sont loin d'être détendus. De combine douteuse en bon plan foireux, notre héros va faire des rencontres pour le moins surprenantes, traverser des situations saugrenues, vivre des expériences inédites, faire revivre Neverland et Graceland... Toujours accompagné de ses amis, Richard, Darius, Madame Kurosawa, son neveu Takeshi, et d'un avocat véreux rencontré à New-York et surnommé DVD, le narrateur va se laisser emporter dans une aventure rocambolesque, où plane l'ombre de Michael Jackson et de ceux qui croient à son retour, menés par leur leader Bill Jean. Autant dire que ce roman promet beaucoup !

 

Des ennuis à la pelle, des réflexions à mourir de rire, des personnages déjantés, Arnaud Le Guilcher réutilise les ingrédients qui avaient fait le charme de son premier roman. Certes, on n'y retrouve pas le délirant pélican JFK, mais le chien Prosper qui boit de la vodka pure compense plutôt bien son absence. On retrouve donc la joyeuse inventivité de l'auteur (exemple : le fiston, qui porte le même nom que son père, s'appelle "Commmoi", puisque, précisément, l'auteur ne donne jamais le nom du pasmieux.jpghéros), qui nous projette allègrement dans une Amérique poussiéreuse où Sarah Palin est devenue présidente, Barack Obama ayant été définitivement discrédité suite à une sombre affaires de moeurs en compagnie de Lady Gaga (!). On apprécie tout particulièrement de retrouver les personnages emblématiques du premier volume, mais on découvre également Emma (qu'on avait simplement entr'aperçue dans En moins bien), son fiston dégénéré mais doué d'une belle plume, Takeshi l'obsédé, DVD et ses combines crapuleuses, et deux autres gus mondialement célèbres et mordus de pêche, dont l'arrivée est soigneusement retardée, sans que l'on comprenne d'ailleurs très bien où l'auteur veut nous emmener avant de révéler leur véritable identité dans une scène assez savoureuse. Le style d'Arnaud Le Guilcher est toujours aussi sympathique, entre langage parlé, argot et grossièreté, mélange qui n'est toutefois pas dénué d'une certaine poésie, aux images parfois surprenantes, mais toujours justes. Cependant, il semble que les correcteurs de la maison d'édition ne soient toujours pas revenus de vacances, ou alors ils devraient consulter rapidement un ophtalmo, car le texte est bourré de coquilles, qui gâchent un peu le plaisir de la lecture. Néanmoins, le lecteur s'amuse à suivre les aventures délirantes des héros à travers les Etats-Unis, dans une vieille Porsche Cayenne dorée, où les tuiles s'accumulent sur les personnages sans leur enlever leur optimisme et leur envie d'avancer. Enfin, comme dans le précédent opus, le dénouement n'en est pas tout à fait un, ou est délibérément ouvert, et l'on attend avec impatience de connaître la suite, qui nous réserve, à n'en pas douter, bien des surprises et des éclats de rire. 4 étoiles

 

Retrouvez la critique du précédent volume : En moins bien, d'Arnaud Le Guilcher

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Published by Elizabeth Bennet - dans Critique littéraire
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commentaires

maxou 10/11/2011 22:20


Cette suite est aussi drôle et déjantée que le premier volume même si je trouve que l'auteur a voulu trop en faire (notamment toute la partie sur "Billet Vert" dans laquelle Le Guilcher se perd un
peu trop et choisi une issue un peu facile.
Le reste n'en est pas moins excellent. La fin frustrante peut donner quelques envies de meurtres, mais l'impatience de lire absolument le prochain tome les surplombes pour le bien de nos amis
citadins qui auraient pu se retrouver au mauvais endroit au mauvais moment.


Elizabeth Bennet 14/11/2011 22:26



Tout à fait d'accord avec vous, mon cher Maxou, sur la propension de Le Guilcher à trop en faire par moments. J'espère que vos amis citadins n'ont pas eu à subir vos assauts de mauvaise humeur
après la lecture de cette fin terriblement frustrante. Au moins, on peut dire que Monsieur Le Guilcher sait entretenir le suspense...



Fransoaz 26/07/2011 14:00


Monsieur le Guilcher a encore l'intention de frapper?
J'ai aimé "En moins bien" et espère découvrir bientôt "Pas mieux". Un style inimitable que je retrouverai avec plaisir.


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