Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
7 janvier 2010 4 07 /01 /janvier /2010 18:28
Tout le monde connaît Ramsès II. Lorsqu'on évoque la splendeur et la puissance de l'Egypte ancienne, c'est tout de suite son nom qui vient à l'esprit, celui de ce grand pharaon, bâtisseur d'Abou Simbel, qui régna pendant plus de soixante ans et eut plus de cent vingt descendants. Mais pour l'instant, Ramsès n'a que quatorze ans et n'est pas encore appelé à régner sur l'Egypte : son père, Séthi, a su allier sagesse et audace pour faire du pays l'empire le plus puissant du monde. Alors que sa santé semble décliner, il n'a toujours pas désigné officiellement de successeur : sera-ce Chénar, son fils aîné, rusé, fourbe, perfide, ou Ramsès, honnête et passionné ? Dans cette lutte fratricide, tous les coups sont permis, même mortels. Certes, Ramsès peut compter sur ses amis, Améni le scribe prudent, Moïse, qui sent peu à peu monter en lui la foi des Hébreus, Sétaou, le charmeur de serpents, Acha, le diplomate... Mais lui resteront-ils tous fidèles dans les moments difficiles ? Et Ramsès parviendra-t-il à choisir avec raison entre la séduisante Iset la Belle (Iset Néféret en version originale) et la mystérieuse Néfertari ? Il lui faudra surmonter bien des épreuves avant de monter sur le trône d'Egypte...

Avec ce premier volume de la saga "Ramsès", Christian Jacq nous entraîne au XIIIe siècle avant notre ère, de Memphis à Thèbes en passant par Karnak, Abou Simbel, Abydos ou Saqqarah... Commencer son récit dès l'adolescence du Pharaon était un pari risqué, mais payant, puisqu'il nous permet de découvrir les terribles luttes de pouvoir qui ont suivi le règne de Séthi. Le roman se lit extrêmement bien,ramses.jpg même pour un néophyte, car Christian Jacq sait fasciner ses lecteurs sans se draper dans ses connaissances égyptologiques. Les personnages sont intéressants et fort complexes, mais tous leurs revirements, tous leurs actes s'expliquent vraisemblablement. En revanche, on pourrait reprocher à l'auteur d'avoir un peu trop tendance à simplifier les choses, sur plusieurs points : la présence de Chénar (même sous le nom de "Méhy" plus attesté) et de Moïse dans l'entourage, voire la famille de Ramsès, est tout à fait discutable, et même les spécialistes ne s'accordent pas sur ces points ; de plus, le fait que Séthi accueille, de retour de Troie, Ménélas et Hélène, ainsi qu'Homère relève davantage du fantasme que de l'Histoire (en effet, la Guerre de Troie n'a peut-être jamais eu lieu, et l'existence d'Homère est hautement improbable, du moins sous les traits qu'on lui prête)... Jacq sacrifie donc un peu trop la réalité et l'Histoire au profit du romanesque et du miraculeux, semble-t-il, mais on doit tout de même lui reconnaître des qualités de romancier : une intrigue haletante, des personnages variés et fortement caractérisés (Séthi est d'ailleurs impayable avec ses maximes sur la dignité et la fonction de Pharaon, on dirait presque Mufasa dans le Roi Lion), un style noble mais fluide, un subtil dosage de suspense et d'histoire d'amour... Peut-être pas un chef-d'oeuvre, mais un roman divertissant et instructif (même s'il faut savoir séparer le bon grain de l'ivraie), qui ravira petits et grands, passionnés d'Egypte ancienne ou non.

Partager cet article

Repost 0
Published by Elizabeth Bennet - dans Critique littéraire
commenter cet article

commentaires

Allan Dustry 20/01/2010 08:45


Pardonnez-moi d'intervenir postérieurement (c'est le cas de le dire) à ces échanges, mais je suis surpris de votre commentaire sur Christian Jacq. Je me souviens avoir lu jadis l'un de ses livres,
et je l'avais trouvé mièvre, bourré d'anachronismes car transposant aux Egyptiens des sentiments romantiques d'aujourd'hui, à l'eau de rose, bref, un roman de gare surfant sur la fascination du
public pour l'Egypte! Ce n'est pas Sinouhé l'Egyptien, c'est certain! Une espèce de Guillaume Musso au pays des pharaons...Mais si vous me dites que c'est si bien, je veux bien le lire à
l'occasion.

Encore que Mark Darcy me convaincrait bien de privilégier la re-lecture de notre truculent Rabelais...

Momifiquement vôtre,
Allan


Mark Darcy 13/01/2010 00:58


Mais dites-moi, vous semblez être bien au courant de mes travaux mathématiques.
S'il est vrai qu'en tant que mathématicien, je m'intéresse au fondement, vous avez raison de remarquer que comme un héros rabelaisien, le fond de ma pensée se confond bien souvent avec mon fond de
culotte.
"Je me torchay une foys d'un cachelet de velours de une damoiselle, et le trouvay bon, car la mollice de sa soye me causoit au fondement une volupté bien grande"


Elizabeth Bennet 13/01/2010 09:50


Charmant. Je vous reconnais bien là !


Mark Darcy 11/01/2010 19:10


Bonjour très chère.
Bien longtemps que je n'ai pas posté sur votre délicieux... blog.
J'aime beaucoup Christian Jacq que j'ai lu étant enfant. Malheureusement, je n'ai pas lu la série des Ramsès, et votre bel article me donne envie de m'y mettre. D'autant que j'ai toujours aimé le
roi Lion, spécialement Zazu...
Bien à vous,
Mark.


Elizabeth Bennet 12/01/2010 09:55


Vous devriez vous y mettre, cher ami, cela vous détendrait, entre deux articles sur les feuilletages... Pour Zazu, cela ne m'étonne guère, il me semblait bien vous avoir déjà entendu fredonner ses
plus grands titres : "Personne au monde ne m'aime", "Ah, comme le monde est petit", et bien sûr le célèbre "J'ai un joli petit lot de noix de coco"...
Cela dit, si l'on veut pousser la comparaison jusqu'au bout, je vous aurai davantage rapproché de Rafiki, rapport à la couleur du fondement...
Humoureusement vôtre,
EB


Présentation

  • : Ars legendi, un peu de littérature dans ce monde de brutes !
  • Ars legendi, un peu de littérature dans ce monde de brutes !
  • : Entrez dans le monde des lettres ! Un blog entièrement dédié à la littérature, avec de nombreuses critiques, personnelles et argumentées.
  • Contact

Retrouvez moi sur :

Mon profil sur Babelio.com
et sur
 

Recherche