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3 septembre 2012 1 03 /09 /septembre /2012 17:02

Viktor Larenz, célèbre psychiatre berlinois, spécialisé dans le traitement de la schizophrénie, voit son existence basculer du jour au lendemain, lorsque Josy, sa fille de douze ans, tombe gravement malade. Mais ce qui est encore plus inquiétant, c'est qu'aucun médecin, malgré les différentes consultations, n'arrive à établir de diagnostic : personne ne sait ce dont elle souffre, et pourtant la pauvre Josy dépérit à vue d'œil. Jusqu'au jour où, alors que son père l'accompagne à un énième rendez-vous chez un spécialiste, la petite fille disparaît. Plus étonnant encore, personne ne se souvient de l'avoir vue dans le cabinet, pas même le médecin, qui va jusqu'à affirmer n'avoir jamais eu de rendez-vous avec Josy. Quatre ans plus tard, la petite fille n'a toujours pas été retrouvée, morte ou vivante. Viktor s'est réfugié sur l'île de Parkum, seul avec son chien, pour quelques jours, pendant que sa femme est en déplacement professionnel à New York. Le lendemain de son arrivée, une jeune inconnue frappe à sa porte. Anna Spiegel,qui écrit des livres pour enfants, affirme souffrir d'une forme particulière de schizophrénie : les personnages de ses romans prennent vie sous ses yeux. Or, il se trouve que l'héroïne du dernier livre d'Anna est une princesse victime d'un mal étrange et qui disparaît un jour sans laisser de traces. Dès lors, partagé entre scepticisme, effroi et fascination, le psychiatre veut à tout prix connaître la fin de l'histoire, sans se douter que la sienne va être pour le moins bouleversée par l'irruption de la jeune femme...

 

Premier roman de Sebastien Fitzek, le petit génie du polar allemand, Thérapie est un chef-d'œuvre de tension, d'angoisse et de suspense : dès les premiers chapitres, le lecteur est complètement happé par l'intrigue et les rebondissements omniprésents (parfois à la therapie.jpglimite de la facilité, toutefois), par les personnages énigmatiques, entre un psychiatre tourmenté par la brutale disparition de sa fille et une romancière à la personnalité inquiétante, et par l'écroulement progressif du monde de Viktor Larenz... En effet, page après page, celui-ci voit ses certitudes s'effondrer, à mesure que les événements étranges se multiplient autour de lui : alors qu'une violente tempête coupe l'île de toute communication avec le monde extérieur, Viktor se retrouve isolé, affaibli par une mystérieuse grippe, victime d'hallucinations et même de vol. L'ensemble ne manquera pas de faire penser à l'excellent Shutter Island, avec ce héros qui croit basculer chaque jour un peu plus dans la folie, et même si le twist final est un peu alambiqué, avec plusieurs coups de théâtre successifs, le lecteur reste plutôt estomaqué d'une telle réussite, notamment devant ce dénouement imprévisible. Seule l'écriture est encore un peu faible, avec un style qui ne s'encombre pas de fioritures et va droit à l'essentiel afin de préserver intact le suspense, mais Fitzek est loin d'être le seul auteur de polar à devoir essuyer ce reproche. En bref, un très bon premier roman, thriller psychologique efficace, redoutable "page turner" puisqu'il se dévore en une seule nuit, sombre et inquiétant à souhait, et qui tient son lecteur en haleine jusqu'à la dernière page... voire un peu plus.       3,5 étoiles

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Published by Elizabeth Bennet - dans Critique littéraire
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Nico 05/11/2012 20:10

Je trouve quand même que beaucoup d'écrivains sont supérieurs à celui-ci: Brussolo, Lashner, C. Carr, Robinson... Ce qui fait que je ne compte pas me précipiter sur un autre de ses romans.

Nico 04/11/2012 21:20

Tiens pour ma part, j'ai trouvé le dénouement assez prévisible (et un peu tiré par les cheveux aussi). Le style est en effet un peu simpliste, mais dans l'ensemble c'est une lecture agréable et
efficace, à défaut d'être inoubliable.

Elizabeth Bennet 05/11/2012 19:56



Tiré par les cheveux, nous sommes d'accord. Mais avec les derniers rebondissements, je dois avouer que je n'ai rien vu venir et que l'auteur m'a bien baladée durant les 50 dernières pages.
D'ailleurs, ça me rappelle qu'il faudrait que je lise d'autres romans de Fitzek !



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