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2 novembre 2009 1 02 /11 /novembre /2009 12:22

Une petite fille, Cécilie, atteinte d'une maladie qui la ronge inexorablement. Quelques jours avant Noël, en Scandinavie. Elle attend la mort, résignée, tandis que ses parents ne peuvent masquer leur douleur. Une nuit, Ariel, un ange, rend visite à la petite fille. S'en suivent de longues discussions, des souvenirs, des questions, des réponses, et un long voyage l'esprit serein. Une amitié hors du commun, pleine de philosophie et de beauté.


 Une oeuvre courte mais véritablement émouvante sur un sujet à priori délicat... Aucun pathos superflu, juste une sensibilité extrême à chaque page, de très belles pensées et réflexion sur le sens de notre existence. Un livre qui arrachera des larmes même aux insensibles. Simplement brillant, dans un style simple mais jamais simpliste, au contraire. Deux personnages attachants, un cadre détourné de son sens habituel (l'époque de Noël) et une histoire envoûtante. Un véritable bijou d'émotion.
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28 octobre 2009 3 28 /10 /octobre /2009 19:25
Seul survivant d'un naufrage, Edward Prendick trouve refuge sur une étrange île des mers du Sud, recueilli, avec quelques réticences, par un savant des plus singuliers, le docteur Moreau, chassé d'Angleterre pour ses expériences sur les transfusions sanguines. Mais il découvre bientôt avec horreur que l'île est peuplée de créatures monstrueuses, faites d'un ou plusieurs animaux plus ou moins humanisés, vivant sous la domination du docteur Moreau et de son assistant fort porté sur la boisson, le mystérieux Montgomery. Mais une suite d'événements inexplicables pousse peu à peu les créatures à se révolter contre la Loi que leur impose le docteur Moreau...



Un roman déroutant, dénonçant l'emploi abusif et irresponsable des manipulations génétiques, près de 75 ans avant l'heure. Certes, un grand classique de la littérature, mais souvent reçu avec le sourire aujourd'hui, tant les créatures imaginées par Wells nous semblent peu crédibles et ridicules. Mais en replaçant l'oeuvre dans son contexte, on peut y voir les inquiétudes d'un homme concernant les "avancées" de la science. Les personnages restent complexes, les motivations profondes de Moreau et Montgomery n'apparaissent pratiquement que dans les derniers chapitres du roman, mais cela ne gène pas la progression de l'intrigue et contribue, au contraire, à renforcer le suspense. Les créatures sont tour à tour effrayantes, attachantes, plus humaines que les humains avant de retomber dans leur animalité et dans leurs bas instincts. Une réflexion toujours d'actualité, et menée avec brio, sur les dérives de la science et les relations de domination entre hommes et animaux.
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28 octobre 2009 3 28 /10 /octobre /2009 13:02
"Adieu l'âge vert, je suis dans l'âge mûr. Et l'âge mûr, par définition, c'est celui qui précède l'âge pourri." Comme incipit, on a rarement fait mieux. Dans cette suite d'essais, l'un des premiers livres de Desproges, se bousculent coiffeurs, chauffeurs de taxi, jeunes, racistes, antisémites, femmes, mais surtout, la mort. Personnage principal et pourtant toujours traitée avec distance, Desproges parvient à la désacraliser et à nous prouver que oui, on peut vivre heureux en attendant la mort. Même lorsque les idées noires et le mélancolie affleurent, l'ironie et le cynisme viennent sans cesse faire basculer cette oeuvre du côté de l'humour, ouf !



Un livre vraiment désopilant, qui vous fera rire à chaque page ou presque. Son sens de la formule, son regard acéré et sans aucune tendresse pour l'espèce humaine, sa façon de noter et de dénoncer nos ridicules, nos obsessions, notre absurdité, font mouche à tous les coups. Humour décalé, au 3e degré, noir souvent, parfois méchant, mais c'est ce qui fait tout le charme de cet humoriste disparu trop tôt et qui manque décidément à un pays où l'on sacralise les Dubosc, Bigard et autres Anne Roumanoff. Une oeuvre pleine de richesse où l'on trouve parfois un soupçon de poésie, et beaucoup de philosophie, sans aucun dogmatisme. Un livre jubilatoire, comme on dirait dans Télérama, à lire et relire, en entier, par extraits, dans son lit ou dans le train, peu importe, mais à lire en tout cas, rien que pour le plaisir de (re)découvrir un humoriste doté d'un immense talent.
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27 octobre 2009 2 27 /10 /octobre /2009 11:43
Au coeur de l'Amérique latine, dans le petit village de Bescos, 281 habitants, perdu au coeur des montages, survient un jour un étranger, qui fait à la population médusée une proposition ahurissante, sous forme de dix lingots d'or : les habitants ont une semaine pour choisir entre le Bien et le Mal. Dès la révélation de cet étrange marché par la jeune barmaid du village, Chantal Prym, les habitants s'interrogent : faut-il sacrifier l'un des leurs et gagner de quoi rendre à Bescos sa splendeur d'autrefois, ou résister dignement à la tentation, quitte à voir le village disparaître, faute de touristes et de jeunes générations ?


Un conte philosophique déroutant, bien construit, riche d'enseignements. Une réflexion sur l'homme, sur Dieu, sur le pouvoir de l'argent et la tentation. Les personnages sont élaborés avec finesse, sans aucun manichéisme, malgré ce que laissait présager la quatrième de couverture. Un roman agréable à lire, très court, qui vous conduira à vous poser de nombreuses questions métaphysiques et éthiques bien après sa lecture ! A conseiller également à tous les amateurs de Paulo Coelho, il paraît qu'il est encore meilleur que L'Alchimiste.
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26 octobre 2009 1 26 /10 /octobre /2009 12:03

Entre un père violent qui le bat, et une mère alcoolique qui l'exploite, Nico sait qu'il ne lui reste qu'une échappatoire : la fugue. Sa petite amie, Gemma, persécutée par des parents qu'elle juge trop autoritaires, décide de le rejoindre, sans vraiment mesurer les conséquences de ses actes. Les deux adolescents, même pas trente ans à eux deux, vont de squat en squat, passant des anarchistes aux punks, et peu à peu, découvrent la dure réalité de la drogue. Le jour où ils acceptent de l'héroïne, ils basculent sans le savoir dans le monde des junkies. Mais lorsqu'ils se rendent compte de leur erreur, il est déjà trop tard...



Un roman "encensé par la critique internationale", nous dit la quatrième de couverture. Pourtant, il n'y a vraiment pas grand chose à en sauver. L'intrigue est prévisible, les dialogues creux, les personnages carictauraux et absolument pas touchants (notamment la petite Gemma, en pleine crise d'adolescence et qui aurait mieux fait de rester chez ses parents au lieu de fuguer), le tout semble avoir été écrit avec les pieds. Pourtant, de la part de l'auteur de Billy Elliot, on pouvait s'attendre à mieux.
Un roman franchement décevant, qui sonne faux du début à la fin (même si l'auteur prétend s'être inspiré de personnages et de situations réels). Si vous cherchez une oeuvre de qualité sur l'enfer de la drogue, lisez L'Herbe bleue, ou regardez Requiem for a dream... Mais vous pouvez vraiment vous passer d'acheter Junk !

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25 octobre 2009 7 25 /10 /octobre /2009 16:16

Au lendemain de sa nuit de noces, Ariah Littrell découvre que son époux s'est jeté dans les chutes du Niagara, sans lui laisser aucune explication. Durant sept jours et sept nuits, elle erre au-dessus des ondes terrifiantes, à la recherche d'un indice, d'un corps, d'un destin qu'elle rêvait heureux et qui s'est brisé. Surnommée "La Veuve blanche des Chutes", elle attire pourtant l'attention d'un brillant avocat, Dirk. Aussitôt naît entre eux une passion aussi surprenante qu'absolue, mais la malédiction semble attachée à Ariah, et après dix ans de bonheur, elle perd son second époux... Accident ? Meurtre ? Nul ne le saura, mais les enfants d'Ariah vont peu à peu découvrir une part du secret qui entoure ces mystérieuses morts.



Sans conteste l'un des meilleurs romans de Joyce Carol Oates, et l'un des mieux écrits. L'intrigue est extrêmement prenante et le style original. Les Chutes du titre, ce sont bien sûr celle du Niagara, implacables mangeuses d'hommes aux yeux d'Ariah, mais aussi les chutes physiques et psychiques des personnages du roman, ainsi qu'une chute spirituelle : Ariah, fille de pasteurs, se croît vouée à la damnation éternelle... Les personnages sont extrêmement bien construits, pleins de profondeur. Le tout nous renvoie à nos propres démons, et surtout à la complexité de notre âme, mais aussi à nos préocuppations économiques et écologiques. Un très beau roman !
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25 octobre 2009 7 25 /10 /octobre /2009 15:57
Comment résumer ce roman de 500 pages en quelques lignes ? C'est un exercice de style auquel je ne saurais me plier. Tout ce qu'on peut en dire, c'est que cette oeuvre a été écrite pendant la Terreur en Russie, et qu'on y croise, de Moscou à Jérusalem, Satan en personne, Jésus, Ponce-Pilate, un poète désabusé, un écrivain à la tête coupée, un autre écrivain devenu fou, la plus belle femme du monde, sans oublier Azazael (ou plutôt Azazello, dans le roman), Béhémot le chat râleur et magicien, et un petit homme avec des lorgnons et un pantalon à carreaux... Dans cette farandole de lieux, d'époques, de personnages, se dessine une intrigante histoire de magie noire, mais aussi l'une des plus belles histoires d'amour jamais écrites.

Un livre excellent, époustouflant, merveilleux, drôle, un bijou de la littérature russe ! On se laisse entraîner avec plaisir dans les frasques de Satan et de sa suite (et surtout le chat facétieux, susceptible et à l'épreuve des balles), dans l'histoire de Jésus et Ponce-Pilate au Ier siècle, et dans l'histoire d'amour extraordinaire qui lie le Maître, écrivain raté et dépressif, et Marguerite, qui se transformera le temps d'une nuit en sorcière pour se rendre au Bal de Satan...
L'écriture est légère, vive, poétique, l'humour est présent à chaque page, mais sous le charme de cette oeuvre virevoltante, on sent aussi l'amertume et la critique d'un écrivain marqué par les arrestations arbitraires et la crise du logement qui touchèrent Moscou dans les années 1930, sans parler des oeuvres littéraires stéréotypées écrites sur commande, que Boulgakov refuse et dénonce. On aurait presque envie d'apprendre le russe pour le relire en version originale (et sans les nombreuses coquilles qui parsèment, malheureusement, l'édition Pocket) ! Courez l'acheter ! Lisez-le !
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23 octobre 2009 5 23 /10 /octobre /2009 16:55
Un roman en forme de descente aux enfers. Alain est un homme fatigué de vivre, usé par l'alcool et la drogue,aigri et solitaire. Le roman nous fait vivre son désespoir, ses pensées, ses regrets, lors des derniers jours de sa vie. En quête d'un peu d'amour, cherchant désespérément un sens à sa vie et au monde qui l'entoure, Alain va aller d'échec en échec, pour constater que toute notre existence n'est que vanité.

Un court roman, presque une nouvelle, qui pourtant a la force du Voyage au bout de la nuit de Céline. Le personnage devient même extrêmement touchant dans son désespoir, et surtout il parvient à nous faire sentir le dégoût d'une société pour elle-même. Une oeuvre intemporelle qui évoque la folie, l'angoisse existentielle, la solitude, le désespoir, la toxicomanie... Thèmes qui sont malheureusement toujours d'actualité. Un chef d'oeuvre mené par une écriture magnifique, qui vous donnera sans doute envie de (re)voir la splendide adaptation cinématographique de Louis Malle (avec Jeanne Moreau !)
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23 octobre 2009 5 23 /10 /octobre /2009 11:37
L'histoire vraie de Jorge Semprun, ancien étudiant à Henri IV, lauréat du concours général de philosophie, déporté à Buchenwald lors de la 2nde Guerre Mondiale, et libéré par les troupes de Patton le 11 avril 1945. C'est là qu'il découvre la triste réalité que ceux qui n'ont pas connu les camps ne peuvent pas comprendre : là-bas, on peut vivre sa mort. Rescapé de ce camp de concentration, il pensera durant un temps qu'on peut exorciser la mort par l'écriture. Mais écrire son histoire le renvoie à la mort. Il s'agit alors pour lui de dépasser ce cercle vicieux. Peut-être grâce à une femme. Ou à un parapluie. Semprun ne signe pas là une simple autobiographie, si tant est qu'on puisse qualifier ainsi les récits des rescapés des camps de la mort. Il nous livre une véritable oeuvre d'art, un tourbillon de souvenirs, de scènes et d'histoires, où l'on n'oublie jamais que Weimar, la célèbre ville de Goethe, n'est qu'à quelques lieues de Buchenwald.

La grande originalité de ce roman est qu'il ne s'attarde pas tant sur l'horreur des camps que sur la difficulté (l'impossibilité ?) de vivre lorsqu'on en est rescapé. Le titre même tente de traduire cet amer constat : l'écriture ou la vie, faut-il le comprendre comme un choix à faire entre les deux (et alors l'écriture deviendrait synonyme de mort), ou considérer que la vie est un équivalent de l'écriture, dans la mesure où écrire l'indicible et l'horreur des camps permet peu à peu de reprendre vie ? Jorge Semprun se considère, pendant ces 400 pages, comme un revenant, qui n'est précisément pas tout à fait "revenu" des camps, où il a laissé sa jeunesse, ses illusions, ses souvenirs. Un récit bouleversant, à l'écriture épurée et sensible, où toute l'horreur transparaît dans la sobriété et la retenue. Non pas un énième livre sur la Shoah, mais un véritable témoignage, plein de pudeur, aussi touchant et marquant que celui de Primo Levi. Tout simplement magnifique.
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22 octobre 2009 4 22 /10 /octobre /2009 22:00
Et si, un jour, on arrivait à combiner la science, l'esthétique, la littérature et la musique ? Si l'on pouvait créer une nouvelle alchimie à partir d'un verset de la Bible, d'une phrase de Beethoven, d'une loi astronomique ou physique, pour en déduire de nouvelles notions qui elles-mêmes pourraient servir à élaborer d'autres opérations intellectuelles ? Cet art extraordinaire, c'est le jeu des perles de verre, jeu dont vous attendrez vainement une explication, ou tout du moins une définition, pendant près de 700 pages. Mais l'intérêt n'est pas dans le jeu lui-même, il réside dans le héros du roman, Joseph Valet, un jeune homme qui apprend peu à peu à manier cet étrange jeu, à se familiariser avec de nouvelles sciences, de nouveaux arts, au gré de ses rencontres et de ses formations, jusqu'à l'ascension suprême, jusqu'au poste de Magister Ludi, maître du jeu... Et après ? ...


A la fois récit d'anticipation, roman d'éducation, utopie  pessimiste, ce roman est l'une des constructions littéraires les plus abouties et les plus savantes de tout le XXe siècle. Le style est magnifique, parfois un peu trop lyrique, mais la fin à elle seule justifie la lecture entière du roman. L'intrigue, qui semble relativement classique, se complexifie à partir de la moitié du livre, et de toute façon la construction de l'oeuvre est tellement spectaculaire qu'elle mérite le détour. Ce roman rappellera à certains Siddharta, du même auteur, mais cette fois Hermann Hesse lie formation culturelle et spirituelle dans cette utopie du Jeu des perles de verre. On ne s'ennuie pas un instant, même si certains pourraient le trouver un peu long. En tout cas, pour ma part, j'ai adoré !
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