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19 mai 2011 4 19 /05 /mai /2011 18:44

Lorsqu'il a décidé de renoncer à sa carrière de profileur au FBI pour rejoindre la police de Portland, Joshua Brolin n'imaginait pas qu'il serait rapidement confronté à l'une des enquêtes les plus éprouvantes qui soit : deux femmes ont été retrouvées mortes, à quelques jours d'intervalle, le front brûlé par une sorte d'acide et les avant-bras découpés. Alors que Brolin tente d'établir le profil psychologique du meurtrier, une jeune étudiante, Juliette Lafayette, est enlevée devant la villa de sa meilleure amie, et se réveille dans une cave aux murs épais, qui ne présente visiblement aucune issue. Mais Brolin et ses collègues découvrent, grâce aux prélèvements effectués sur l'une des victimes, l'existence de Leland Beaumont, un marginal célèbre pour sa passion peu commune : les sculptures de mains. Aussitôt, Brolin décide de rendre une petite visite de courtoisie à l'étrange sculpteur. Il est bien loin d'imaginer qu'au même moment, Leland Beaumont vient de rejoindre Juliette dans la "cave" de sa demeure, et s'apprête à lui trancher les avant-bras, avant de l'achever, comme il l'a fait pour les deux victimes précédentes. Et comme les choses sont bien faites, alors que Beaumont lève son arme pour accomplir son funeste geste, Brolin fait irruption dans la pièce et l'abat d'une balle dans la tête, sauvant la pauvre Juliette in extremis. Un an plus tard, toute l'affaire semble bel et bien terminée, quand Brolin est averti de la découverte, dans une maison abandonnée transformée en squat, d'un cadavre féminin atrocement mutilé : la femme semble avoir succombé après avoir reçu un grand nombre de coups de couteau, couteau que le meurtrier lui a ensuite planté dans le sexe. Mais le plus incroyable est qu'elle présente sur le front une brûlure étrangement familière, et qu'elle a les avant-bras tranchés. Brolin ne croit pas aux revenants, et il a vu le crâne de Beaumont exploser sous ses yeux. Alors, a-t-il affaire à un simple copycat ? Mais qui pourrait savoir, pour l'acide, alors que ce détail est resté secret et n'a été communiqué qu'aux enquêteurs ? D'autant que peu après, les policiers et Juliette reçoivent une lettre anonyme du meurtrier, leur annonçant d'autres crimes et citant des vers de L'Enfer de Dante. D'après Brolin, ces lettres viendraient non du serial-killer lui-même, mais d'un mentor, quelqu'un qui tirerait les ficelles dans l'ombre et que l'inspecteur a surnommé "Le Corbeau". Mais Brolin et ses collègues vont avoir fort à faire pour empêcher Le Corbeau et le Fantôme de Portland de mener à bien leur sinistre mission, et de franchir les neuf cercles de l'Enfer en laissant derrière eux des victimes atrocement mutilées...

 

Avec ce roman, qui constitue le premier volet de La Trilogie du Mal (dont nous avons déjà critiqué le dernier tome, Maléfices), Chattam ouvre sa série d'enquêtes menées par Joshua Brolin, ancien agent du FBI, profileur, fraîchement parachuté au sein de la police de Portland, ce qui ne lui a pas attiré que de la sympathie, étant donné son jeune âge et son manque d'expérience sur le terrain. Néanmoins, comme les premières pages le confirment, Brolin est un excellent élément, et peut compter sur l'appui de ses collèges Lloyd Meats, Larry Salindro et Craig Nova, avec qui il forme une équipe soudée et efficace. On s'attache rapidement à cette équipe de fins limiers, qui conjuguent investigation scientifique poussée et profilage (selon la technique que Brolin utilise pour cerner la personnalité du tueur, l'empathie, comme il nous le rappelle à peu près toutes les cinquante pages pour être sûr que l'on comprenne bieame-du-mal.jpgn). L'histoire est plutôt originale, on a rarement affaire à des copycats dans les polars francophones, mais malhe ureusement, il faut bien le dire, le dénouement est d'une facilité désarmante, de celles qu'on pourrait à la rigueur tolérer dans un épisode de Julie Lescaut ou les romans de Grangé, mais là, vraiment, de la part de Chattam, on s'attendait à mieux, parce que le deus ex machina donne vraiment l'impression qu'il ne savait pas trop comment terminer son roman. L'idylle naissante entre Brolin et l'ancienne victime de Beaumont, Juliette, est assez bien menée, et c'est l'un des points positifs de l'oeuvre. Toutefois, on sent, à la lecture de ce roman de jeunesse, que Chattam, ancien élève de c riminologie, a essayé de caser dans son oeuvre le maximum de détails crédibles, notamment sur les pratiques médico-légales ou les techniques d'investigation, on se croirait dans un épisode des Experts, mais délayé sur 500 pages, et l'on sent le "Frenchie" en admiration devant les moyens et les techniques de la police scientifique américaine. Du coup, Chattam lasse un peu son lecteur, et semble un peu trop se positionner dans la lignée de Patricia Cornwell et Harlan Coben, sans acquérir sa propre identité d'écrivain, ce que confirme un style encore trop plat, digne d'un bon roman de gare, certes, mais d'un roman de gare quand même. Un bon point à accorder à Chattam, c'est que, même avec un sujet aussi morbide, et malgré des descriptions assez crues, il ne tombe pas réellement dans le glauque, comme aurait pu le faire un Thilliez, par exemple. L'auteur parvient également à tenir, bon gré mal gré, son lecteur en haleine (presque) jusqu'au bout, et livre un roman loin d'être indigent, mais certainement pas son meilleur.   3 étoiles

 

Voir aussi la critique de Maléfices, de Maxime Chattam

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Published by Elizabeth Bennet - dans Critique littéraire
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